
UniversNews (Santé) – La Fibromyalgie, ou syndrome fibromyalgique, est une affection chronique, caractérisée par des douleurs diffuses persistantes et une sensibilité à la pression souvent associées à une fatigue intense, des troubles du sommeil, selon Dr. Leila Metoui, médecin rhumatologue.
Elle a précisé que c’est une douleur diffuse dans au moins 4 des 5 régions du corps, associée à une détresse émotionnelle significative. La difficulté de poser le diagnostic de la fibromyalgie tient au fait que les symptômes peuvent varier d’une personne à l’autre. Elle ne provoque pas de dommages au niveau des muscles ou des os, a-t-elle expliqué.
Il convient de mentionner que La fibromyalgie, condition longtemps incomprise et sous-diagnostiquée, bénéficie aujourd’hui d’une reconnaissance cruciale par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) dans sa Classification Internationale des Maladies (CIM-11). Classifiée sous «Douleur Chronique Primaire», la fibromyalgie est officiellement reconnue comme maladie à part entière.
La fibromyalgie est une maladie chronique invalidante caractérisée par des douleurs musculo-squelettiques diffuses, une fatigue intense et des troubles du sommeil. Elle affecte principalement les femmes (80-90% des cas) entre 30 et 55 ans. Reconnue par l’OMS, elle n’est ni inflammatoire ni mortelle, mais altère considérablement la qualité de vie
Elle se manifeste également par les signes cliniques suivants :
- Fatigue chronique,
- Faible résistance à l’effort,
- Troubles du sommeil, dépression, anxiété, maux de tête,
- Syndrome de l’intestin irritable — douleurs abdominales, ballonnements, diarrhée et/ou constipation,
- Fourmillements dans les jambes ou les pieds, voire syndrome des jambes sans repos,
- Douleurs au niveau des mâchoires,
- Règles douloureuses,
- Difficulté à penser clairement.
Symptômes principaux et secondaires
- Douleurs diffuses : Sensibilité accrue (hyperalgie), sensations de brûlure ou de « muscles noués » sur l’ensemble du corps.
- Fatigue intense : Épuisement chronique persistant malgré le repos.
- Troubles du sommeil : Sommeil non réparateur, réveils nocturnes.
- Autres symptômes : « Brouillard cérébral » (difficulté de concentration), maux de tête, troubles digestifs, anxiété, et sensibilité aux changements de température.
Causes et Diagnostic
- Origine incertaine : Aucune cause précise n’est identifiée, mais des pistes neurologiques (mauvaise régulation de la douleur) sont explorées.
- Facteurs déclenchants : Peut survenir après un traumatisme physique (accident, infection) ou psychique (deuil, stress).
- Diagnostic par élimination : Il n’existe pas d’examen biologique ou d’imagerie spécifique. Le diagnostic repose sur l’examen clinique, les symptômes décrits et l’élimination d’autres maladies.
Prise en charge et traitements
Il n’existe pas de traitement curatif, l’objectif est de soulager les symptômes :
- Activités physiques adaptées : Marche, natation, yoga, renforcement léger.
- Approches non médicamenteuses : Thérapies cognitivo-comportementales (TCC), relaxation, méditation, éducation thérapeutique.
- Médicaments : Antalgiques (paracétamol, tramadol), certains antidépresseurs ou antiépileptiques peuvent aider à gérer la douleur et les troubles du sommeil.
La prise en charge est pluridisciplinaire et nécessite une approche personnalisée pour chaque patient.
A propos de la prévalence de cette pathologie, Dr. Leila Metoui a précisé qu’en Occident, la fibromyalgie touche entre 1,5 et 2 % de la population avec une prédominance féminine. En ce qui concerne la Tunisie, elle a indiqué que le taux de prévalence reste inconnu en raison de l’absence de statistiques.
Il est nécessaire de faire appel à une équipe pluridisciplinaire afin de mettre en place un protocole thérapeutique pour soulager les symptômes de la fibromyalgie, a fait savoir la spécialiste précisant que le protocole de soins repose sur des traitements naturels, non médicamenteux, en première intention, et sur des traitements médicamenteux ensuite.
Metoui a précisé que Le premier angle du traitement consiste à reprendre une activité physique adaptée à la condition du patient, sous la surveillance d’un professionnel. Le second angle vise à améliorer la perception de la douleur, en suivant une thérapie cognito-comportementale et une éducation thérapeutique du patient.
Des traitements médicamenteux (antalgiques, antiépileptiques, antidépresseurs) sont prescrits pour les périodes où la douleur est particulièrement intense. Ces médicaments ne sont toutefois pas forcément efficaces pour soulager la douleur, a-t-elle dit.



