Santé : Diagnostic précoce et Intelligence artificielle pour juguler le cancer de la prostate

Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez l’homme. Il s’agit d’une tumeur maligne (généralement un adénocarcinome) qui se développe lentement dans la glande prostatique. Lorsqu’il est détecté tôt, il affiche d’excellents taux de survie et se soigne très bien. C’est le deuxième cancer en Tunisie après celui de la vessie . Malgré les efforts du système de santé, des défis persistent en matière de dépistage, de traitement et de soutien psychologique. Plusieurs milliers de nouveaux cas diagnostiqués annuellement en Tunisie comme l’a souligné Dr Marouen Chakroun, urologue à l’hôpital Charles Nicolle lors de la journée d’onco-urologie organisée par l’Association tunisienne d’onco-urologie (ATOU) à Hammamet placée sous le slogan « Ensemble pour faire progresser l’onco-urologie en Tunisie .
Cette journée scientifique a été l’occasion d’aborder des thématiques majeures telles que le cancer de la prostate, l’après-cancer et l’amélioration de la qualité de vie des patients,
Elle a offert une tribune précieuse aux experts nationaux et internationaux en oncologie génito-urinaire pour échanger sur les récentes avancées scientifiques, les approches thérapeutiques novatrices et les meilleures pratiques en matière de prévention et de recherche sur le cancer.
Dépister à temps pour ne pas sacrifier sa qualité de vie
La prostate a un rôle essentiel de reproduction, c’est un organe qui va sécréter le sperme qui accompagne les spermatozoïdes dans leur voyage jusqu’à l’ovule. Mais la prostate se situe également au carrefour du système urinaire et avec l’âge, elle grossit et ça peut entraîner des problèmes d’obstruction et elle peut malheureusement se cancériser. « À ses débuts, le cancer de la prostate est le plus souvent asymptomatique, explique, Dr Chakroun . Lorsque la tumeur grossit ou à un stade plus avancé, les symptômes suivants peuvent apparaître : des troubles urinaires avec ce besoin fréquent d’uriner (surtout la nuit), la difficulté à démarrer le jet, le jet faible et cette sensation de ne pas vider complètement la vessie. On détecte parfois une présence de sang dans les urines ou le sperme et des douleurs osseuses (souvent dans le bas du dos ou le bassin), qui peuvent indiquer que le cancer s’est propagé. Le dépistage repose sur deux examens simples : le toucher rectal (examen clinique par le médecin) et le dosage sanguin du PSA (Antigène Spécifique de la Prostate). Si ces examens révèlent une anomalie, des examens d’imagerie (comme l’IRM prostatique) et, le cas échéant, des biopsies seront réalisées pour confirmer le diagnostic et évaluer l’agressivité de la tumeur. Il n’existe pas de programme de dépistage systématique recommandé pour l’ensemble de la population masculine. Le dépistage se fait au cas par cas, comme le souligne l’urologue Chakroun: « On ne stimule pas un dépistage à tout-va, pour tout le monde. C’est vraiment une discussion qui doit avoir lieu entre le médecin traitant et le patient, et qui doit être adaptée en fonction du risque du patient ».
Des avancées thérapeutiques prometteuses
La stratégie thérapeutique dépend de l’âge du patient, de l’étendue du cancer et de son agressivité, précise Dr. Chakroun « Pour les tumeurs à évolution très lente, les médecins peuvent choisir de surveiller régulièrement l’évolution sans traiter immédiatement, la chirurgie c’est-à-dire l’ablation de la prostate (prostatectomie), souvent réalisée par chirurgie robotique. La radiothérapie est aussi utilisée pour détruire les cellules cancéreuses. D’autres traitements peuvent être utilisés tels que l’hormonothérapie, la chimiothérapie ou thérapies ciblées, généralement envisagées si la maladie est plus avancée. Cependant, de nombreuses nouvelles voies de traitement se développent ces dernières années comme notamment la thérapie génique qui permet d’importer la copie d’un gène fonctionnel dans une cellule cible, éliminer ou réparer un gène altéré directement dans la cellule, modifier l’ARN pour obtenir une protéine fonctionnelle, ou encore détruire des cellules tumorales. Grâce aux progrès de la recherche et des traitements, le cancer de la prostate est aujourd’hui l’un des cancers ayant les meilleurs taux deguérison, à condition d’être diagnostiqué à temps ».
Le rôle de la chirurgie robotisée
Dans le cadre du traitement du cancer de la prostate localisé ou localement avancé, la prostatectomie radicale s’avère être un des traitements de référence. Cette intervention courante peut être réalisée de différentes manières par voie ouverte encore appelée la parotomie par cœlioscopie et par chirurgie assistée qui est à la pointe de la technologie. Cette chirurgie pratiquée en Tunisie, précise Dr Chakroun permet de limiter au maximum les séquelles, d’être la moins invasive possible. Le chirurgien reste maître des mouvements du robot durant toute l’opération de l’ablation de la prostate. Elle a pour objectif de retirer la tumeur cancéreuse. D’une grande précision, cette chirurgie mini-invasive épargne les tissus sains. L’Intelligence Artificielle aide désormais les médecins à créer des plans de traitement personnalisés en fonction de l’âge du patient, de ses antécédents médicaux, des résultats des tests et d’autres facteurs préoccupants.Dans le cas du cancer de la prostate, elle aide désormais les urologues à prendre des décisions plus intelligentes et plus sûres pour leurs patients. L’IA n’est pas seulement utile pendant le diagnostic ou la chirurgie. Elle joue également un rôle important dans le suivi des patients après le traitement.
Mohamed Salim



