
L’Union générale tunisienne du travail (UGTT) traverse une crise financière sans précédent. Héritière d’une situation critique après le congrès de Monastir, la nouvelle direction syndicale doit aujourd’hui concentrer ses efforts sur la simple survie administrative de la centrale et le paiement des salaires de ses employés, sur fond de chute libre des rentrées liées aux cotisations.
Pour stopper l’hémorragie, la direction a enclenché un plan de rigueur drastique : retrait et vente des seconds véhicules de fonction de plusieurs unions régionales (Tunis, Sfax, Le Kef, Médenine, Siliana) et mise sous tutelle financière de toutes les structures locales, désormais soumises à l’accord préalable de la centrale pour la moindre dépense.
Cette centralisation vise à verrouiller les cordons de la bourse et à éliminer toute dépense jugée non prioritaire.
Cette politique de la ligne dure passe mal auprès de l’opposition interne. Pour ces syndicalistes critiques, ces mesures tardives prouvent le gaspillage et l’opacité de la gestion passée, bien antérieurs aux récentes réformes du prélèvement des cotisations.
Pour les opposants internes, imposer la rigueur aujourd’hui équivaut à reconnaître implicitement que la gestion précédente était caractérisée par le gaspillage et l’utilisation incontrôlée des fonds du syndicat. Ils estiment que l’austérité seule ne suffira pas : sans un audit financier approfondi, un diagnostic transparent et une reddition des comptes pour sanctionner les dérives, la centrale ne pourra ni restaurer la confiance de ses bases, ni reconquérir ses adhérents.
KS



