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Lourdes peines de prison, dont la perpétuité pour Rached Ghannouchi, dans l’affaire de « l’appareil secret » d’Ennahdha

UniversNews – La chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme près le Tribunal de première instance de Tunis a rendu, mardi après-midi, ses verdicts dans l’affaire dite de « l’appareil secret du mouvement Ennahdha ». Les peines prononcées par la juridiction tunisienne s’avèrent particulièrement lourdes, s’étalant de 10 ans de prison jusqu’à la réclusion à perpétuité pour plusieurs figures clés du dossier.

​Dans le détail des condamnations, le tribunal a prononcé la réclusion à perpétuité assortie de 96 ans de prison contre Mustapha Khedher. La même peine de perpétuité a été retenue contre Ridha Barouni, Taher Boubahri, Kamel El Aifi ainsi que sept autres coaccusés, cumulativement assortie de 76 ans de prison. Fathi Baldi a écopé de la perpétuité et de 50 ans de prison, tandis qu’Abdelaziz Daghesni s’est vu infliger la perpétuité assortie de 37 ans de détention. Le tribunal a également condamné Kamel Bedoui à la perpétuité et 32 ans de prison, alors que Samir Hannachi et le chef historique du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi, ont tous deux été condamnés à la réclusion à perpétuité assortie de 30 ans de prison.

​Concernant les autres accusés, les peines de prison ferme se chiffrent à 48 ans pour Kaïs Bakkar, 46 ans pour Belhassen Nakkache, 42 ans pour l’ancien Premier ministre Ali Laarayedh, et 34 ans pour Ali Ferchichi. Par ailleurs, trois autres prévenus ont été condamnés à 18 ans de prison, quatre à des peines de 12 ans, et deux derniers à une période de 10 ans d’enfermement. À l’issue de leurs peines respectives, le tribunal a ordonné la soumission de chacun des condamnés à une mesure de contrôle administratif pour une durée de cinq ans.

​Pour rappel, ce dossier judiciaire a été ouvert au début de l’année 2022, à la suite d’une plainte déposée par le ministère public et par le collectif de défense des opposants politiques de gauche Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, assassinés respectivement en février et juillet 2013. Les avocats des deux martyrs accusent directement « l’appareil secret d’Ennahdha » d’implication dans ces assassinats, d’espionnage et d’infiltration des rouages de l’État. Le collectif affirme en outre que de hauts dirigeants du parti islamiste, menés par Rached Ghannouchi, géraient et supervisaient directement cette structure clandestine.

KS

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