Les « Fugueuses » de Wafa Taboubi ouvrent ce soir le festival international d’Hammamet

Une station… six personnages attendent un départ qui n’arrive jamais. Malgré leurs trajectoires
différentes, ils choisissent de poursuivre ensemble un horizon plus vaste, porté par l’espoir autant
que par la peur. En chemin, ils se perdent et affrontent le doute sur l’existence, le vide, le sens et
l’avenir. Une certitude demeure : rien ne sera plus comme avant. C’est le thème d’une co-production
« Les Fugueuses » du Théâtre National Tunisien et Fabula Production qui ouvre ce soir 11 juillet le
festival international d’Hammamet.
Wafa Taboubi , comédienne, dramaturge, scénographe a excellé en mettant en scène cette pièce
théâtrale . Son travail, ancré dans le théâtre contemporain, interroge le corps, l’identité et la
condition féminine à travers une esthétique visuelle forte et une réflexion critique sur les marges de
la société.La metteuse en scène a réuni sur scène six inconnus : Fatma Ben Saïdane, Mounira
Zakraoui , Lobna Noomene , Mouhamed Bouzid , Oumaima Bahri , et Sabrine Omar soit « cinq
femmes et un homme » dans un espace suspendu, hors du temps. Six trajectoires marquées par la
précarité, la violence, le divorce et l’invisibilité sociale. Six voix qui, ensemble, ont refusé de se taire.
« Les Fugueuses » n’est pas seulement un spectacle. C’est un acte de résistance. Celui de rendre visible
ce que la société préfère ignorer, et de transformer la douleur intime en force collective. La sororité,
ici, n’est pas un mot, c’est une armure.
Mohamed Salim



