
La Tunisie traverse à présent une période de chaleur extrême. Ce changement s’explique par des phénomènes climatiques interconnectés.
En effet, le pays se situe dans une zone dite « couloir thermique », qui se caractérise par des températures supérieures à celles des régions intérieures. Par ailleurs, le changement climatique modifie la circulation des masses d’air entre l’Afrique et l’Europe, notamment via l’expansion de l’anticyclone subtropical africain et de la dépression thermique subsaharienne vers le nord de la Méditerranée.
Plus spécifiquement, un air brûlant venu d’Afrique se retrouve bloqué au sol par un puissant anticyclone zone de haute pression atmosphérique souvent associée à un temps sec, dégagé et donc ensoleillé. S’y ajoute le dôme thermique, qui désigne cet anticyclone « emprisonnant l’air chaud dans les basses couches de l’atmosphère, provoquant une canicule persistante, le jour comme la nuit ».
Par conséquent, ces événements ont provoqué des épisodes de chaleur extrême, se traduisant par un temps chaud à très chaud, avec des coups de sirocco et de chergui, ce vent chaud et sec soufflant du sud-est. L’Institut national de météorologie annonce également des cellules orageuses locales, accompagnées de pluies isolées.
Selon le site de l’Institut national de météorologie, la situation est décrite comme suit : « Temps chaud à très chaud avec des coups de sirocco. Des cellules orageuses locales accompagnées de pluies isolées ».
La même source indique un niveau de vigilance allant de modéré à élevé dans la majorité des villes tunisiennes. Plus précisément, un niveau de vigilance « attentif » est requis dans plusieurs zones, notamment à Tataouine, Médenine et Kasserine, tandis qu’un niveau « très vigilant » est recommandé pour le reste des régions du pays, où des phénomènes plus dangereux sont prévus.
Ce phénomène a des conséquences multiples sur les individus. Comme le précise l’Institut : « Le danger est plus grand pour les personnes âgées, les personnes atteintes de maladie chronique ou de troubles de la santé mentale, les personnes qui prennent régulièrement des médicaments, et les personnes isolées. Chez les sportifs et les personnes qui travaillent dehors, attention à la déshydratation et au coup de chaleur. Veillez aussi sur les enfants ».
Des mesures spécifiques doivent être prises pour se protéger de cette chaleur :
– boire de l’eau plusieurs fois par jour, même en dehors de la sensation de soif ;
– continuer à s’alimenter normalement ;
– se mouiller le corps plusieurs fois par jour ;
– éviter de sortir aux heures les plus chaudes (entre 12 h et 16 h) ;
– en cas de sortie, protéger sa tête à l’aide d’une casquette ou d’un chapeau, se protéger les yeux avec des lunettes solaires et porter des vêtements légers, amples et de couleurs claires ;
– s’aérer dans un endroit frais ou climatisé deux à trois heures par jour ;
– limiter les activités physiques et sportives ;
– fermer les volets, rideaux et fenêtres en journée, et aérer la nuit.
En cas de malaise ou de troubles du comportement, il est impératif de consulter un médecin. Si une aide urgente est nécessaire, appelez la protection civile au 198. L’Institut national de météorologie rappelle que « Les symptômes d’un coup de chaleur sont : une fièvre supérieure à 40°C, une peau chaude, rouge et sèche, des maux de tête, des nausées, une somnolence, une soif intense, une confusion, des convulsions et une perte de connaissance ».
En fait, pourquoi en sommes -nous là ? Au-delà des phénomènes naturels et qui n’épargnent même pas des pays en avance dans la gouvernance énergétique, il y a quelque part une certaine imprévoyance de de la part des pouvoirs publics. La problématique avait été soulevée, mais sans effet réel, après 2011: dépendance vis-à-vis de l’Algérie au niveau du débit de gaz acheminé vers notre pays , absence d’infrastructure capable de pallier ce dysfonctionnement et, pour tout dire, des atermoiements décisionnels. Il faut un investissement dans les règles pour une nouvelle centrale. Mais il faut 1 milliard, 400 millions de dinars!
Balkis Layouni



