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Tribune. Nous avons vécu de demi-mesures et n’avons pas su encadrer la STEG

Par le Professeur Sadok Chaabane, ancien ministre

 Tunis univers news .Un été difficile à tous points de vue… Je l’ai personnellement vécu avec beaucoup de souffrance et j’espère que cela ne se reproduira plus jamais. Nous avons commis des erreurs dans nos choix nationaux. Et je dois dire que, malheureusement, la Tunisie a longtemps entretenu une mentalité de demi-mesures. Nous n’avançons pas clairement sur la voie qui s’offre à nous, et la prudence et les hésitations persistent, notamment lorsqu’il s’agit de libéraliser l’économie, de réduire les impôts et de supprimer les lourdeurs bureaucratiques. Je me souviens qu’en 1997, nous avons élaboré la stratégie « Énergie 2030 » – la stratégie des trois tiers (un tiers d’énergie conventionnelle, un tiers d’énergie alternative et un tiers d’économies d’énergie). Mais nous ne l’avons pas mise en œuvre de manière cohérente. Sur le tiers alloué aux énergies alternatives, nous n’avons atteint que 4 %. Le Maroc, qui suivait notre exemple, a maintenant atteint 40 %. À l’époque, nous aurions dû encadrer la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) et imposer clairement la production privée d’électricité à partir de sources d’énergie alternatives. Mais nous ne l’avons pas fait. Le Président a préféré adopter une position intermédiaire. Je me souviens de l’insistance des experts stratégiques… Nous avons pris toutes les mesures nécessaires, mais sans entreprendre de réformes sérieuses. Aujourd’hui encore, nous continuons de « gérer la crise » au lieu de nous attaquer à ses causes profondes. Actuellement, le système énergétique national est géré selon un double rôle qui entrave les efforts de la STEG (Société tunisienne d’électricité et de gaz). Celle-ci qui est contrôle le réseau, est l’acheteur exclusif et agit simultanément comme producteur concurrent. Résultat : une accumulation insoutenable de dettes et d’impayés, tout en conservant un pouvoir considérable pour entraver ses concurrents du secteur privé.

À un moment donné, le syndicat s’est imposé comme le véritable décideur du secteur, allant jusqu’à refuser pendant plusieurs années le raccordement des centrales solaires privées au réseau national. Ce veto syndical a coûté à l’État des centaines de millions de dinars en factures d’importation de gaz supplémentaires et a provoqué un exode massif des investisseurs. Si cette approche palliative se poursuit, l’écart entre la demande de pointe croissante et la capacité réelle de l’entreprise se creusera d’année en année. La dépendance excessive et persistante au gaz naturel importé (à prix élevés et dans un contexte de dollar en hausse) expose la Tunisie à une triple menace désastreuse : des coupures de courant constantes, qui s’aggraveront et se prolongeront à chaque vague de chaleur, et compte tenu de la certitude des fluctuations climatiques mondiales, ces vagues de chaleur ne cesseront pas,une détérioration des finances publiques sous le poids de subventions massives et de la dette croissante de l’entreprise (7 000 milliards de millions) et une paralysie économique des entreprises et des préjudices pour les familles, ainsi que de fortes tensions susceptibles d’avoir des répercussions politiques.

Une réforme radicale est indispensable.

 Les solutions de fortune et les timides ajustements techniques ne sont plus efficaces.Des décisions décisives et une refonte complète du système sont nécessaires . Il faudrait séparer la gestion du réseau de transport d’électricité de l’activité de production commerciale afin de garantir un accès neutre et équitable à tous les producteurs, sans discrimination. Cette mesure figurait parmi les propositions de la Stratégie énergétique 2030 tout en mettant fin aux pratiques d’obstruction lors du raccordement aux énergies renouvelables et automatiser le processus de raccordement dès lors que les normes techniques sont respectées, indépendamment des caprices administratifs. La production et le stockage seront libéralisés grâce à la suppression des droits de douane élevés sur les panneaux solaires (retour au taux précédent de 10 %) et à l’octroi immédiat de licences pour le stockage d’énergie par batteries à domicile et à l’industrie.

Si Dieu le veut, nous retrouverons la beauté des nuits d’été et un éclairage permanent… C’est possible… Et j’ai été ravi de voir un professeur de Supcom proposer les services des laboratoires nationaux au gouvernement pour trouver des solutions.

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