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L’enquête d’universnews – Quand le bétonnage des terres agricoles menace les vergers d’Hammamet !

Tunis – Univers News. Dans un monde poussé vers l’éphémère et la surconsommation et à l’heure de conflits catastrophes naturelles et changements climatiques, le patrimoine culturel est plus que jamais en péril. Il est vrai que la protection du patrimoine est essentielle pour plusieurs raisons. Il joue un rôle crucial dans l’identité historique d’une communauté. Les monuments, les bâtiments historiques et les sites archéologiques sont des témoins tangibles de l’histoire et permettent aux générations futures de se connecter à leurs racines. Cela permet de ne pas perdre les traces du passé à cause d’une guerre ou de désastres, et de soutenir ceux et celles qui prennent de grands risques pour protéger ces monuments.De plus, la préservation du patrimoine contribue à la cohésion sociale en offrant des lieux où les habitants peuvent se rencontrer et interagir autour de leur histoire commune, Hammamet en est un exemple concret. La revitalisation des quartiers historiques ou des sites religieux et culturels renforce également l’attractivité touristique, créant ainsi des emplois et des revenus pour les communautés locales.

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Le rôle la société civile  est crucial dans la sauvegarde des sites agricoles menacés.. Au-delà de la simple conservation, il s’agit de garantir que ces trésors naturels restent vivants et pertinents pour les générations futures. En collaborant étroitement avec les autorités locales et les communautés,. Et comme le souligne Dr. Salem Sahli, le Président de l’AERE plusieurs  lieux qui sont la trace de notre histoire sont menacés de disparition à Hammamet pour différentes raisons : pollution, érosion marine, projets touristiques, urbanisation, réchauffement climatique. Les origines de la destruction de notre patrimoine sont nombreuses. De plus en plus de spécialistes alertent sur les disparitions des traces et merveilles de ce passé glorieux de Hammamet. Cette rencontre a réuni des spécialistes du patrimoine, des chercheurs, des universitaires dont des géologues et des historiens autour d’une problématique des plus actuelles et des plus menaçantes et constitue   un espace d’échange fructueux entre les acteurs de terrain et la communauté scientifique, permettant d’approfondir la réflexion collective sur les risques naturels qui menacent le patrimoine hammamettois. Les discussions, riches et constructives,  ont abouti à plusieurs recommandations portant notamment sur la prévention, l’amélioration des protocoles d’interventions d’urgences et le renforcement du suivi scientifique des sites vulnérables.À travers cette initiative, l’AERE a démontré toute l’importance de conjuguer actions de terrain, expertises scientifiques et concertation institutionnelle pour assurer une gestion efficace du patrimoine, confirmant ainsi son rôle central dans la protection et la préservation de cet héritage archéologique exceptionnel.

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 Des milliers d’hectares perdus malgré les efforts de sauvegarde

Mer, verger et forêt : Hammamet est un bijou naturel convoité par les promoteurs et les touristes.

 Mais  béton menace sérieusement le foncier agricole, et ne cesse de l’avaler à des fins d’habitations. Le patrimoine agricole est en péril . Quels que soient les motifs, la dilapidation des terres agricoles s’est transformée en un phénomène difficilement contrôlable, voire en problème inextricable. Les terres nourricières sont dévorées et l’envahissement par le béton des espaces à vocation agricole par excellence est dramatique ! Le massacre continue. Sonnette d’alarme !C’est le thème débattu par l’Association d’éducation relative à l’environnement  lors d’une table ronde organisée en marge des journées estivales de Hammamet. Les 131 km2, sont toujours menacées par l’avancée du béton en dépit des lois contraignantes quant au choix des terrains à bâtir.   Peu d’espace verts et trop de béton. Tout le monde est concerné et les intervenants sont unanimes à dire que le mal devient insupportable si « nos villes se trouvent démunies d’espaces verts ». Pis encore, l’on devient prisonnier du béton et on perd, selon eux, la notion environnementale avec des constructions tous azimuts qui tuent l’espace vital au confort des habitants.  

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Du verger à la friche

Les participants à cette table ronde sont unanimes sur le fait qu’Hammamet connaît une effervescence économique sous la pression démographique. De 9000 habitants, la ville compte 89 mille habitants en 2020 .Ce chiffre se multiplie pas 10 en été. Pourtant comme le disait Dr.Salem Sahli, Président de l’Association d’Education Relative à l’Environnement de Hammamet (A.E.R.E) vient de nouveau de tirer la sonnette d’alarme sur le massacre des terres agricoles, en déclarant que l’agression du foncier agricole à des fins urbanistiques  est devenue une monnaie courante.« Hammamet est un grand verger, des habitants, des métiers, des jardins, une culture, une identité, des savoir-faire et des traditions ancestrales. Et le patrimoine agrumicole est une des composantes essentielles de l’identité locale. En effet, depuis des siècles, des conditions naturelles favorables trouvèrent une communauté paysanne active, entreprenante et rompue de vieille date aux techniques de l’arboriculture irriguée (citronnier, oranger). Ce qui permet à un terroir de se constituer et de se développer dans le temps avec comme élément de base, le verger. Les Ottomans et les Andalous établis à Hammamet au XVIème siècle contribuèrent aussi à la constitution de ce patrimoine en apportant leur savoir-faire agricole. Le savoir traditionnel du paysan s’appuie sur la maîtrise des techniques de l’irrigation (construction de puits de surface, utilisation du dalou avec traction animale, aménagement de séguias délimitées par des qsimas), et par l’art hammamétois, quasi exclusif au Cap Bon, de la pépinière. De même, le fellah hammamétois possède un savoir-faire séculaire de valorisation des produits du verger.Mais cet héritage ancien est aujourd’hui fortement menacé par le développement intensif du tourisme, l’étalement urbain, la croissance démographique galopante, la spéculation foncière, le morcellement des terres, les conflits autour de l’eau, le manque de sensibilisation des citoyens et la faiblesse voire l’absence de l’action publique. Résultats : les vergers en friche sont légion. Les vergers qui faisaient la richesse et l’identité d’Hammamet ne cessent de se rétrécir. Leur supérficie est passée de 850 ha à 280 ha de 1986 à 2012. Ceux qui restent des vergers sont en sursis d’urbanisation Le béton menace sérieusement le foncier agricole, et ne cesse de l’avaler à des fins d’habitations. Noureddine Fnina, un hammamettois, dénonce ce recul des vergers « Nos terres  agricoles agressées par le béton et dévoyées de leur vocation par leur transformation en chantiers de construction»dit-il .Amor Fayeidh, enseignant, souligne que l’’envahissement par le béton de nos terres agricoles fait tache d’huile malheureusement avec des conséquences dramatiques pour l’agriculture et l’économie.  On construit partout et de n’importe quelle manière. 40 à 50%  des habitations sont construites d’une façon anarchique » explique t-il

Des actions concrètes pour engager, inspirer et sauvegarder

Nejemeddine Kasdaghli, universitaire, appelle à un débat national urgent sur ce mouvement d’urbanisation débridée qui menace les terres agricoles. L’administration a les moyens de faire pression .Des mesures de sanction pourraient même être mises en place pour les réfractaires. A quand pensera-t-on à l’urbanisme avant de parler d’urbanisation ? La société civile doit bouger et arrêter cette bétonisation de nos vergers d’où l’intérêt d’un plan d’aménagement qui fixe les règles d’utilisation des sols aussi bien dans les territoires urbains que ruraux »Sihem Ben Ali, de l’Association la Manouba pour les monuments et la culture estime que la  protection du patrimoine naturel peut s’avérer nécessaire si la pression touristique se fait ressentir. « Le patrimoine agricole est en détresse, malgré les efforts entretenus pour en assurer sa durabilité.. Les acteurs climatiques et l’ urbanisation mal contrôlée sont autant de menaces qui pèsent sur la survie des vergers hammamettois.D’où aussi l’utilité de procéder à l’enregistrement de ce patrimoine naturel

Sabeur Berhouma, cinéaste précise que ce patrimoine naturel mérite tout autant notre attention .«Nous  devons préserver ce legs vivant et  si précieux avec autant de soin.Parler de patrimoine pour évoquer la nature est loin d’être un non-sens, puisque ce terme intègre la dimension de transmission : ce que nous léguons aux générations futures. Il  reste encore beaucoup à faire pour préserver notre capital naturel si menacé. Ce patrimoine naturel précieux mérite autant d’attention! Il est donc urgent d’agir pour changer notre approche  car on constate qu’on se répète et on ne fait rien pour endiguer le mal » .Des quantités d’initiatives créatives et porteuses d’espoir existent, contribuant à la conservation et au développement de sites naturels. « Nous devons également soutenir les projets qui éduquent la conscience collective et sensibilisent toutes les générations à la protection de la biodiversité. Il s’agit d’envisager sa préservation sous un angle positif, en prouvant qu’il n’est pas trop tard et que nous pouvons encore agir. C’est par des initiatives, comme celle des écoles et  des associations d’environnement que nous pourrons susciter des vocations et offrir au grand public un discours éducatif. » précise Lassaad Dandani ,historien.

L’urgence d’un sursaut stratégique

Faire vivre le patrimoine agrumicole de Hammamet, vivre de ce patrimoine et lui redonner ses lettres de noblesse, tel est en définitive le défi que les participants à cette table ronde ont essayé de relever .Face à ce constat, les participants ne sont pas limités pas à un diagnostic. Ils ont essayé de tracer les contours d’une réponse ambitieuse, articulée autour de plusieurs priorités. La première est claire : agir en urgence pour protéger les  écosystèmes les plus menacés.Cela passe aussi par des actions de sensibilisation mais aussi des  sanctions réellement dissuasives. Par ailleurs, la biodiversité doit être pleinement intégrée dans les politiques économiques, et les études d’impact environnemental mises à niveau selon les standards internationaux.Au-delà de la préservation des vergers, c’est un modèle de développement qui est en jeu. La dégradation  du patrimoine agricole hammamettois compromet non seulement les équilibres écologiques, mais aussi les bases économiques de la région. Dans un contexte de changement climatique et de pression démographique, la préservation des écosystèmes devient un levier stratégique.

                       Mohamed Selim

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