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dialogue national ou sauvetage économique… un faux dilemme ?

Tunis – Univers News. À peine l’UGTT, l’Ordre des avocats et la Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH) ont-ils appelé à un dialogue national que certains ont déjà posé la question : la Tunisie a-t-elle vraiment besoin d’un dialogue politique ou, avant tout, d’un sauvetage économique ?

La question mérite d’être posée. Mais peut-être pas de cette manière.

Oui, la situation économique demeure difficile. Une croissance de 2,5 % en 2025, portée notamment par le rebond de l’agriculture (+10,3 %), un chômage toujours élevé à 15,2 %, un investissement privé insuffisant et des finances publiques sous pression : le constat est réel.

Mais un diagnostic sérieux ne peut pas reposer uniquement sur les chiffres qui confortent une thèse. Les prévisions internationales doivent être confrontées aux données effectivement observées en Tunisie. L’inflation, par exemple, s’est située à des niveaux inférieurs à certaines prévisions internationales au cours de l’année. D’autres indicateurs, comme les réserves de change ou les transferts de la diaspora, apportent également des éléments de nuance.

Surtout, impossible de parler des difficultés de financement du pays sans évoquer le blocage des négociations avec le FMI depuis 2023. Cette dimension est essentielle pour comprendre le recours accru au financement intérieur et la pression exercée sur les finances publiques.

Mais le véritable débat est ailleurs.

Pourquoi opposer dialogue national et réforme économique ?

Les deux sont intimement liés. Réformer les entreprises publiques, améliorer la fiscalité, attirer l’investissement ou soutenir les PME exige certes des décisions économiques. Mais cela exige aussi de la confiance, de la visibilité et un minimum de consensus.

Le dialogue national ne doit donc pas être considéré comme une distraction par rapport à l’urgence économique. Il peut être, au contraire, un moyen de construire les conditions nécessaires aux réformes.

À l’inverse, un dialogue politique qui ignorerait les contraintes budgétaires et financières serait tout aussi irréaliste.

La Tunisie n’a donc pas à choisir entre le politique et l’économique.

Elle doit mener les deux batailles en même temps : rétablir la confiance, remettre l’économie sur une trajectoire durable et reconstruire les passerelles entre l’État, les partenaires sociaux, les entreprises et la société.

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