Tunis – Univers News : La modification du rythme scolaire ne cesse d’être évoquée et de faire un débat.Ainsi après des décennies de stabilité concernant le calendrier des vacances scolaires, le ministère de l’éducation a décidé de reporter le début des vacances d’hiver au 26 décembre, au lieu de la date habituelle du 17 décembre au 1er janvier . Cette décision porte un coup dur à une économie tunisienne déjà en difficulté. Certes, l’administration dispose d’un pouvoir discrétionnaire pour prendre des décisions, mais celles-ci ne doivent être ni arbitraires ni préjudiciables à l’intérêt général.
Ces vacances scolaires d’hiver rythment l’activité de ces hôteliers, restaurateurs, transporteurs, artisans. Le moindre changement les affecte. Les dates des vacances déterminent, dans une large mesure, les périodes de voyage, les réservations, les dépenses des ménages et les activités de loisirs .Elles servent également de base aux secteurs du tourisme, du transport, de l’hébergement et aux agences de voyage pour élaborer leurs programmes commerciaux. Ainsi, modifier la date de reprise des cours durant une période traditionnellement associée au Nouvel An oblige à revoir des plans établis de longue date.Beaucoup de Tunisiens tardent à réserver pour ces vacances d’hiver voire même à annuler leur fête du jour de l’an.Les professionnels décrivent surtout un marché figé, dominé par l’attentisme.Les données des agences de voyages confirment ce coup d’arrêt et un recul des réservations notamment pour les voyages à l’étranger. Sur le terrain, le diagnostic est clair : les clients attendent de voir comment évolue la situation. Ils ne réservent pas de vacances et ne se projettent pas!
Une trêve hivernale qui pourra impacter le monde du tourisme
Le tourisme est un enjeu vital pour ces professionnels, et le remplissage des hôtels, les excursions, les voyages, le réveillon ne se réalisent qu’à des périodes très restreintes de l’année à savoir les vacances scolaires qui étaient chaque année programmées durant la dernière moitié du mois de décembre. Les agences de voyage semblent être les plus susceptibles de pâtir de ce changement. Les vacances d’hiver sont une opportunité pour les hôteliers pour remplir leurs unités et réaliser un bon chiffre d’affaires surtout durant le Nouvel An. Cette trêve hivernale permet à beaucoup de tunisiens de voyager à l’étranger. D’ailleurs de nombreuses réservations sont effectuées bien à l’avance auprès des compagnies aériennes, des hôtels et des prestataires touristiques étrangers, souvent selon des conditions ne permettant ni annulation ni remboursement intégral. Toute vague d’annulations ou de demandes de modification de dates pourrait placer ces agences en difficulté financière et créer des litiges potentiels avec leurs clients et partenaires. Les répercussions ne se limitent pas aux agences de voyages .Elles s’étendront inévitablement aux hôtels, aux restaurants, au secteur des transports, à l’assurance voyage et aux services de réservation, sans oublier l’activité aéroportuaire et d’autres secteurs comme l’artisanat qui connaissent habituellement un essor durant la période des fêtes de fin d’année.En effet, le tourisme, à l’instar d’autres secteurs saisonniers, repose sur une planification préalable et un calendrier clair, permettant aux professionnels d’anticiper la demande et d’organiser leurs ressources ainsi que leurs engagements.La question qui se pose est de savoir si les décideurs se sont concertés avec les autres ministères et les professionnels pour discuter des conséquences d’une telle mesure sur l’économie. Avancer la date des vacances ne fait qu’affaiblir davantage une économie déjà en phase difficile, sans pour autant apporter le moindre avantage. Le mot pour résumer la situation actuelle est l’attentisme.
Mohamed Sélim




