
UniversNews (NAT) – La situation devient des plus inquiétante, avec ce qui se passe au sein de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) menacée d’implosion, par les soins de ses membres du bureau directeur dont les chamailleries sont passées à des actes qui peuvent être considéré comme des sabotages et une action de sape des fondements de l’Organisation qui avait, de tous temps, été un rempart contre tous les abus exercés sur les travailleurs et le peuple tunisien.
Après des mois de luttes intestines sournoises ponctuées de quelques « coups d’éclat », Noureddine Taboubi a choisi de jeter les armes et présenter une démission écrite au bureau central du syndicat et en faisant passer les responsabilités de chacun avant les siennes. Moyen de pression, ou véritable abandon, cela ne pourrait être vérifié qu’après l’écoulement d’une quinzaine de jours, à l’issue desquels la commission du règlement intérieur statuera.
Une première dans les annales de l’UGTT !!!
La démission de Taboubi ne peut toutefois pas passer inaperçue pour plusieurs raisons, Et, bien que son rôle ait diminué, l’UGTT demeure un acteur important de la vie politique, économique et sociale tunisienne. A cela s’ajoute le fait que Noureddine Taboubi est le premier secrétaire général de l’histoire de l’organisation à démissionner. Ce départ intervient à un moment délicat pour la centrale syndicale qui fait face actuellement à deux batailles cruciales.
La première est menée contre le pouvoir politique en place, et la menace d’une grève générale indique clairement qu’il est difficile d’ouvrir les portes du dialogue entre le pouvoir en place et la place Mohamed Ali. La seconde est d’ordre interne et concerne la restructuration du syndicat, dont les fondements ont été fragilisés par des erreurs accumulées, masquées par des slogans et une illusion de pouvoir qui a aveuglé les dirigeants syndicaux.
Lors de sa dernière apparition publique, Taboubi tenait à projeter l’image d’un dirigeant confiant, déterminé à mener le combat et à défendre le « toit délabré », comme le disent les syndicalistes de longue date. Pourtant, il a surpris tout le monde en annonçant sa démission. Bien sûr, il sera difficile pour les membres du syndicat de réagir à cette démission comme les Égyptiens avaient réagi à la menace de démission de Gamal Abdel Nasser après la défaite de 1967.
Une décision lourde de conséquences pour tous !!!
Nombreux sont ceux qui ont accueilli favorablement le départ de Taboubi et exigent que tous les autres du bureau exécutif fassent de même, insistant sur la nécessité de reconstruire le syndicat sur des bases plus solides. Il convient de noter que certaines factions influentes au sein de l’organisation, notamment celles de Sfax qui demandent que la démission du Secrétaire général ne soit pas à une simple convocation devant le comité de discipline, mais une occasion pour décider de poursuites disciplinaires, ce qui témoigne d’une importante perte de crédibilité.
Ce processus de restructuration prendra du temps et soulève de nouvelles questions quant au respect de deux échéances cruciales qui approchent à grands pas : la grève générale et le congrès extraordinaire. Ces deux échéances nécessitent une coordination, une mobilisation et une organisation dont la centrale syndicale semble actuellement dépourvue, ce qui renforce l’hypothèse d’un report, d’autant plus que la démission du secrétaire général à elle seule pourrait ne pas satisfaire le pouvoir politique, qui rejette sa vision des structures intermédiaires et qui pourrait être incité par cette démission à saisir la justice sur certains dossiers.
La démission de Taboubi est une décision qui risque de coûter cher à la centrale syndicale dans la tourmente… et l’Histoire ne pardonnera pas à ceux qui l’ont réduite à une simple marionnette entre les mains de responsables inconscients… et le risque est que l’UGTT ne puisse pas se relever de sitôt !!!



