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« J’ai craqué » : une employée handicapée d’Île-de-France Mobilités détourne 600 000 euros pour son compagnon tunisien



Une salariée reconnue handicapée aurait détourné près de 600 000 euros au préjudice d’Île-de-France Mobilités. Elle affirme avoir agi sous l’emprise de son compagnon, un Tunisien en situation irrégulière qui aurait quitté la France avec l’argent.

La sexagénaire assure avoir agi sous l’emprise de son voisin, un Tunisien de 36 ans arrivé en France en 2012. En situation irrégulière et visé par une obligation de quitter le territoire français, l’homme aurait noué une relation avec elle à partir de 2022. Il lui aurait réclamé toujours davantage d’argent, jusqu’à la pousser à vendre une maison située dans l’Aisne.

Des dizaines de virements frauduleux
À son poste, l’employée avait accès à des aides destinées à des entreprises. Certaines sociétés ne réclamant pas les sommes auxquelles elles pouvaient prétendre, elle aurait remplacé leurs coordonnées bancaires par les siennes ou celles de son compagnon et de ses proches. Les fonds publics étaient alors versés sur leurs comptes.

La manipulation aurait été répétée plusieurs dizaines de fois. Une partie de l’argent aurait transité par les comptes d’oncles, de tantes, de cousins et d’amis du compagnon. Celui-ci aurait ensuite transféré les sommes vers la Tunisie ou les aurait dépensées. La salariée affirme que l’absence de contrôle interne lui a permis de poursuivre les détournements pendant plusieurs mois.

« J’en avais marre de l’injustice. J’étais en colère. Hamed l’a vu et en a profité, il m’a dit de me venger, j’ai craqué », raconte-t-elle. La salariée explique notamment avoir mal vécu le refus de télétravail qui lui aurait été opposé ainsi qu’une différence de rémunération avec une collègue qu’elle avait formée.

Cette colère professionnelle ne saurait effacer l’ampleur des faits reprochés. Près de 600 000 euros d’argent public auraient disparu en moins d’un an sans que les mécanismes internes d’Île-de-France Mobilités ne donnent immédiatement l’alerte.

Le compagnon parti en Tunisie
À l’été 2025, plusieurs virements suspects sont finalement détectés. L’employée démissionne puis décide de se dénoncer auprès de la brigade de répression de la délinquance astucieuse. Elle aurait depuis commencé à rembourser les sommes détournées.

Son compagnon aurait, quant à lui, quitté la France avec l’essentiel de l’argent. Il aurait utilisé ces fonds pour créer une entreprise de bâtiment et travaux publics en Tunisie. Selon une source judiciaire citée par Le Parisien, seule l’ancienne employée d’Île-de-France Mobilités serait pour l’instant directement visée par l’enquête.

La sexagénaire a déposé plainte contre son ancien compagnon pour abus de faiblesse aggravé, placement en état de sujétion psychologique, escroquerie, recel et abus de confiance. Son avocat demande que cette plainte soit jointe à l’enquête portant sur les détournements afin que le rôle de l’ensemble des bénéficiaires soit examiné.

Île-de-France Mobilités a également porté plainte pour détournement de fonds publics, destruction de preuves, faux et usage de faux. L’organisme reconnaît que la fraude a été réalisée au moyen d’un logiciel comptable vieillissant. Il assure avoir depuis changé de logiciel et renforcé ses mesures de protection. Aucune autre fraude n’aurait été découverte lors de l’enquête interne.

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