
UniversNews (Justice) – L’Ordre national des avocats de Tunisie (ONAT) engage un bras de fer avec le ministère de la Justice. Alors que les avocats annoncent une série de grèves et de protestations pour réclamer des réformes, le ministère tente de rassurer les citoyens et minimise l’impact de ce mouvement sur les tribunaux.
Le ministère de la Justice affirme « garantit la continuité du service public »
Face aux appels à la mobilisation lancés par le barreau, le ministère de la Justice a réagi fermement ce lundi. Dans un communiqué officiel adressé aux justiciables, le ministère a affirmé que les mouvements de protestation et la suspension des prestations annoncés par l’ONAT « n’auront aucun impact sur le bon fonctionnement du service public de la justice ».
L’autorité de tutelle se veut rassurante : l’ensemble des tribunaux, sur tout le territoire de la République, continueront de fonctionner dans des conditions normales. Le ministère précise que les audiences se tiendront comme prévu pour statuer sur les affaires en cours et que les services administratifs resteront accessibles au niveau des greffes. L’objectif affiché est clair : « éviter de faire préjudice aux intérêts et aux droits des justiciables ». Toutefois, en l’absence des avocats quel sera la valeur des verdicts qui seront prononcés ??!!!
Grèves et brassards rouges
Ce message du ministère intervient en réponse à la fronde menée par le Conseil de l’ONAT. Le 13 mai dernier, les représentants des avocats ont annoncé une escalade dans leurs actions pour dénoncer le mutisme des autorités face à leurs revendications sur la réforme du système judiciaire.
Le plan de mobilisation des « robes noires » prévoit :
• Des grèves générales régionales successives.
• Une grève nationale globale.
• Le port symbolique du brassard rouge en signe de protestation.
Une bataille également juridique
Au-delà de la contestation sur le terrain, le conflit se joue désormais devant les tribunaux. Le procureur général près la Cour d’appel de Tunis a officiellement interjeté appel contre les modalités de tenue de l’assemblée générale extraordinaire du Barreau, qui s’est déroulée le 1er mai courant.
Cette démarche judiciaire de l’État vise directement la légalité des dernières décisions de l’Ordre. Une audience a d’ores et déjà été programmée pour le 10 juin prochain afin d’examiner ce recours.
Entre la détermination de l’ONAT à faire entendre ses droits et la fermeté du ministère à maintenir l’ordre institutionnel, la crise de la justice tunisienne semble entrée dans une phase de blocage profond. Le rendez-vous du 10 juin sera, à ce titre, crucial pour la suite des événements.
K.S



