
UniversNews (SEF) –Le président du Syndicat des agriculteurs tunisiens, Dhaoui Midani, a qualifié de « hâtive, décousue et mal conçue » la décision des ministères de l’Agriculture et du Commerce de fixer un prix de référence fluctuant pour l’huile d’olive à la base à 10 dinars le kilogramme, une décision qui ne répond pas aux besoins des agriculteurs.
Il a expliqué que cette décision a engendré de réelles tensions entre les agriculteurs et les propriétaires des huileries, au point que la situation a atteint un point critique où certaines huileries ont refusé de réceptionner la récolte d’olives.
Midani a expliqué que le principal problème de cette décision réside dans son caractère partiel : elle n’inclut pas tous les acteurs de la filière, ce qui a aggravé la crise au lieu de la résoudre. Il a ajouté que le prix fixé ne couvre pas les coûts de production, précisant que ces coûts minima pour les agriculteurs s’élèvent à au moins 15 dinars, compte-tenu du coût élevé de production, qui comprend l’irrigation, la main-d’œuvre, le transport et les engrais.
Il a également déploré la faible valorisation de l’huile d’olive tunisienne, malgré le classement élevé de la Tunisie au niveau mondial en termes de qualité, déclarant : « Notre huile est parmi les meilleures au monde, et pourtant elle est aussi parmi les moins chères. » Il a attribué cette situation aux politiques saisonnières et aux mesures ponctuelles, dont les conséquences sont entièrement supportées par les agriculteurs.
Il a souligné la nécessité de réfléchir sérieusement à l’avenir de l’oliveraie tunisienne, qui compte environ 120 millions d’arbres, s’interrogeant sur le sort de ce trésor national en l’absence de plans proactifs clairs pour améliorer la production et assurer sa pérennité.



