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Le moment est grave :  la STEG  sous procès, les Tunisiens ne savent plus à quel saint se vouer

Tunis Univers news Chaos, communication défectueuse, délestages électriques, régions favorisées par rapport à d’autres et des citoyens qui suffoquent ! Le PDG de la STEG s’est suffi à une simple déclaration (même pas une conférence de presse), des cadres et des agents de la société appelés à « témoigner » dans le cadre d’investigations sur lesquels, pour une fois, le syndicat de base n’a pas émis d’objection…Bref, c’est le chaos.

 « Phénomènes hors normes », selon le président de la République

C’est pour y remédier que Kaïs Saïed, a présidé, mercredi, 22 juillet, au palais de Carthage, une réunion sur les coupures prolongées d’eau, d’électricité et les incendies. 

Y étaient présents, les ministres de l’intérieur, de l’équipement chargé de l’industrie et de l’énergie, de l’agriculture, les PDG de la STEG et de la SONEDE, et le directeur général de la protection civile, selon un communiqué de la présidence de la République.

D’emblée, le chef de l’État a affirmé qu’il suit de près, à toute heure, la situation dans l’ensemble du pays, soulignant que les coupures d’eau et d’électricité, conjuguées aux incendies, constituent des « phénomènes hors normes ». Il a averti que l’État ne restera pas « les bras croisés » face à quiconque cherche à nuire aux citoyens et à attiser les tensions.

Sur les coupures prolongées, le président Saïed a été catégorique. Des interruptions dépassant vingt-quatre heures dans plusieurs régions sont « inacceptables ».

Il exige d’y mettre fin immédiatement, imposant deux règles non négociables : informer les citoyens à l’avance et choisir des horaires adaptés si des coupures restent inévitables. Le président de la République appelle, donc, à tenir le taureau par les cornes jugeant que cette « situation est anormale ».

Seulement voilà : les délestages continuent et, apparemment, la STEG est démunie de moyens pour y remédier.

Les mesures caduques du passé

 En 2018, la Société Tunisienne de l’Électricité et du Gaz (STEG) a bénéficié d’une série de mesures d’urgence de la part de l’État pour faire face à d’importantes difficultés financières liées notamment à la dépréciation du dinar tunisien et à la hausse du prix des hydrocarbures. Les principales mesures mises en œuvre en faveur de la STEG au cours de l’année 2018 comprennent : ajustements tarifaires ciblés et augmentation pour le secteur industriel. Les pouvoirs publics ont en l’occurrence annoncé  des réajustements de tarifs de l’électricité et du gaz visant uniquement les clients industriels, commerciaux et professionnels raccordés à la moyenne et haute tension.

Par ailleurs, les ménages à faible et moyenne consommation d’électricité (basse tension) devaient être exclus de ces hausses pour préserver le pouvoir d’achat.

 On a même prévu des mesures d’accompagnement à la transition énergétique, de soutien aux entités professionnelles et aux ménages. En accord avec le Rapport annuel 2018 de la STEG, l’État devait valider des initiatives d’intégration des énergies renouvelables. Cela intègre les études d’accompagnement pour des projets photovoltaïques de 50 MW au Sud tunisien et éoliens à Nabeul et Médenine. On a même décidé l’octroi de facilités de financement a permis à la STEG de maintenir ses engagements vis-à-vis de ses fournisseurs extérieurs, notamment la Sonatrach algérienne, pour garantir l’approvisionnement de 65 % de ses besoins en gaz naturel en 2018. Tout cela dans la logique de l’amorce d’un plan de restructuration financière.

Or, qu’a-t-on fait de ces mesures ? Ont-elles réellement profité à la STEG ? A priori, ce ne fut qu’une petite piqure de morphine. Comme toutes les mesures décrétées durant la décennie noire, cela ne procédait pas réellement d’une vision inclusive et prospective à la fois. Et, en ce qui concerne ce cas spécifique, il ne faut pas oublier que cela s’est fait des temps brumeux de Youssef Chahed qui voulait tout privatiser sous prétexte d’investissements directs étrangers.

L’ARP toujours dans ses auditions

 En effet, la Commission de l’industrie, du commerce, des ressources naturelles, de l’énergie et de l’environnement à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) a appelé à la tenue d’une séance d’audition consacrée à la situation actuelle du secteur de l’énergie et de l’électricité en Tunisie.

La commission souhaite auditionner le ministre de l’Équipement et de l’Habitat, chargé de la gestion du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, le secrétaire d’État chargé de la Transition énergétique, ainsi que le président-directeur général de la STEG, afin d’examiner les difficultés auxquelles le secteur est confronté et d’identifier les solutions envisageables.

Dans un communiqué publié à l’issue d’une réunion tenue, hier mardi au siège de l’ARP, la commission a réaffirmé son ouverture à l’examen de l’ensemble des projets relatifs aux énergies renouvelables inscrits dans le Plan de développement et la Stratégie nationale de l’énergie, qui lui seront soumis par le département chargé de l’Énergie, y compris durant la période des vacances parlementaires.

Les députés ont, à cette occasion, évoqué l’état du réseau électrique à l’échelle nationale, marqué par des coupures de courant récurrentes et, dans certaines régions, prolongées, imputées à la forte pression exercée sur le réseau, notamment durant les périodes de pointe de la consommation.

Ils ont également souligné que ces interruptions répétées de l’alimentation électrique, conjuguées à la vague de chaleur exceptionnelle que connaît le pays, largement supérieure aux normales saisonnières, ont eu de lourdes répercussions sur les citoyens ainsi que sur les investisseurs nationaux et étrangers.

Au-delà de la théorie, on doit au moins raisonner en termes structurel en ce qui concerne la STEG et la SONEDE. Deux institutions vitales et dont l’effet se répercute sur d’autres secteurs tout aussi vitaux, comme la santé, les transports, l’agriculture, les ménages et les investissements.

Débat ouvert donc. Comment transformer cette crise en opportunité stratégique ?

                                                                                                        (Synthèse Univers news)

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