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Le « Zgougou à 60 dinars » : un fardeau économique pour le citoyen tunisien.

Tunis – Univers News. Le prix du zgougou (pignons de pin d’Alep) en Tunisie connaît de fortes hausses, atteignant des pics allant de 50 à 60  dinars le kilogramme selon les régions et les années, contre 25 à 30 dinars auparavant. Ce fameux « zgougou » bien qu’il soit source de délice, constitue un fardeau économique pour le citoyen tunisien gravement affecté par la baisse de son pouvoir d’achat. 

Le Président de l’Organisation tunisienne de conseil aux consommateurs, Lotfi Riahi, a affirmé dimanche que la hausse des prix des pignons de pin d’Alep (Zgougou) et des fruits secs, qui coïncide avec l’approche de la fête du Mouled et  la demande accrue pour ces produits, exige un suivi rigoureux des différentes étapes de la chaîne de distribution et l’identification des causes de ces augmentations de prix. Ceci est essentiel pour garantir un prix juste, reflétant le coût réel et la valeur ajoutée du produit.

Trouver un juste milieu entre les producteurs, les distributeurs et les consommateurs.

Riahi a appelé tous les acteurs concernés, des producteurs et détaillants aux autorités de régulation et aux organisations de consommateurs, à œuvrer pour un marché équitable et transparent permettant aux citoyens de célébrer l’anniversaire du Prophète sans subir de prix exorbitants. Il a souligné que protéger le pouvoir d’achat ne signifie pas cibler les détaillants ni exercer de pression sur les producteurs, mais plutôt trouver un équilibre entre les intérêts des producteurs, des distributeurs et des consommateurs. Il a expliqué que le prix final des pignons de pin et des fruits secs n’est pas uniquement déterminé par les coûts de production, mais également par les différentes étapes de la chaîne de valeur du produit : production, récolte, collecte, stockage, transport, vente en gros, distribution et vente au détail, sans oublier les marges bénéficiaires et les fluctuations de l’offre et de la demande  soulignant que la multiplication des circuits de distribution peut creuser l’écart entre le prix à la source et le prix final.

Déterminer le coût réel et la marge bénéficiaire à chaque maillon de la chaîne

Riahi a appelé à suivre les prix à chaque étape et de déterminer le coût réel et la marge bénéficiaire à chaque maillon de la chaîne, afin de distinguer les hausses justifiées des hausses injustifiées. Concernant les pignons de pin, il a indiqué que la production est estimée à environ 350 tonnes, alors que seulement 95 tonnes environ sont récoltées. Il estime que cet écart entre les quantités disponibles et récoltées exige une enquête approfondie du Direction des Forêts afin d’en déterminer les causes et l’impact sur les prix. Il a insisté sur le fait que la pâte de pignons de pin, extraite des pignons d’Alep, est un produit local d’une grande valeur nutritionnelle et culturelle. Cependant, son prix au point de vente est influencé non seulement par les coûts de production, de récolte et de transformation, mais aussi par les frais de stockage et de transport, le nombre d’intermédiaires, les marges bénéficiaires, la spéculation et les fluctuations de l’offre et de la demande à l’approche de l’anniversaire du Prophète. À cet égard, le responsable de l’organisation a souligné la nécessité de différencier une hausse réelle des coûts de production d’une hausse injustifiée résultant de l’exploitation commerciale de l’événement. Il a affirmé que le consommateur ne devrait pas supporter seul le poids des augmentations de prix si celles-ci ne sont pas proportionnelles au coût réel et à la valeur ajoutée.

Concernant les fruits secs produits localement, il a expliqué que l’existence d’une production tunisienne ne garantit pas nécessairement que le produit parvienne au consommateur à un prix raisonnable, étant donné que le prix final est déterminé par une série d’étapes, depuis le producteur ou l’agriculteur, en passant par la collecte, le stockage, le transport, la vente en gros et la distribution, jusqu’à la vente au détail. Il a expliqué que chaque étape de la chaîne d’approvisionnement peut engendrer des coûts et des marges bénéficiaires supplémentaires, ce qui peut transformer l’écart entre le prix à la source et le prix final en un écart important qui ne s’explique pas toujours par le coût réel ou la valeur ajoutée. Il a plaidé pour une plus grande transparence des prix et des clarifications  quant aux raisons de tout écart constaté.

                               Mohamed Sélim

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