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Nos écoles d’abord : non à la scolarisation des enfants de migrants irréguliers

Tunis – Univers News. Il faut avoir le courage de poser la question que beaucoup évitent : la Tunisie a-t-elle aujourd’hui les moyens d’assurer la scolarisation des enfants issus de la migration irrégulière alors que son propre système éducatif peine déjà à garantir à ses élèves les conditions d’apprentissage les plus élémentaires ?

La réponse, à mes yeux, est claire : non. Notre école ne peut en aucun cas être une variable de la crise migratoire.
Il ne s’agit ni de haine, ni de rejet de l’autre, ni d’une quelconque remise en cause de la dignité humaine. Il s’agit d’abord d’une question de sécurité nationale, de responsabilité publique et de priorités nationales.

Dans de nombreuses écoles tunisiennes, les classes sont surchargées, les infrastructures vieillissent, les enseignants travaillent dans des conditions difficiles et des familles tunisiennes constatent chaque année les insuffisances du système éducatif.

Lorsque des classes peuvent atteindre une quarantaine d’élèves, faut-il réellement demander à une école déjà sous pression de prendre en charge de nouvelles populations, trop différentes des Tunisiens, sans que l’État ne dispose des moyens financiers et matériels supplémentaires nécessaires ?

Qui paie ?

C’est la question centrale.

Chaque école, chaque enseignant, chaque table, chaque livre et chaque dinar consacré à l’éducation sont financés, directement ou indirectement, par la collectivité. Le contribuable tunisien est donc en droit de demander quelle est la politique de l’État et quelles garanties existent pour que la solidarité nationale ne se transforme pas en une charge supplémentaire supportée exclusivement par la population tunisienne.

La Tunisie ne peut pas devenir, par défaut, le gestionnaire d’un problème migratoire qui dépasse largement ses frontières, avec une responsabilité avérée de nos voisins et de l’Union européenne.

Et le même débat se pose dans d’autres secteurs publics, notamment dans les établissements hospitaliers et les services de maternité. Là encore, le sujet ne devrait pas être tabou : un État doit d’abord être capable de garantir dignement les services essentiels à ses propres citoyens avant d’élargir indéfiniment leur prise en charge à des situations qu’il n’a ni les moyens ni la responsabilité exclusive de gérer.

C’est précisément pour cette raison que le nouveau Conseil de l’éducation doit prendre position. Une position claire, assumée et sans ambiguïté. Une telle décision relève forcément de ses prérogatives.

Il ne suffit plus de multiplier les slogans sur les droits et les principes sans parler des capacités réelles du pays. Les droits impliquent aussi des responsabilités, et la solidarité internationale ne peut pas reposer durablement sur les seules ressources d’un pays déjà confronté à de lourdes difficultés économiques et sociales.

La Tunisie doit donc définir une politique cohérente : protéger son école publique, garantir en priorité les conditions d’éducation des enfants tunisiens, maîtriser les conséquences de la migration irrégulière et exiger de ses partenaires internationaux qu’ils assument leur part de responsabilité.

Notre pays ne peut pas être le maillon silencieux d’une politique migratoire décidée ailleurs.

Mustapha Machat

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