
Tunis – Univers News. L’expert-comptable Maher Gaida est revenu le 28 août 2026, sur sa page sur le marché de l’eau minérale en Tunisie qui est régulé par l’État via l’Office National du Thermalisme et de l’Hydrothérapie (ONTH) pour l’octroi des concessions, mais l’exploitation commerciale est dominée par un oligopole privé.
M. Gaida a d’abord cité les principaux acteurs et chiffres d’affaires des 31 unités de production :
* Groupe SFBT (Cristal, Marwa, SOSTEM – Melliti, Aïn Garci, Aïn Oktor) : En position de leader, le groupe capte entre 40 % et 50 % des parts de marché. Son segment eaux emballées génère environ 130 à 150 millions de TND par an.
* Groupe Groupe Bayahi / SOBOI (Fourat) : Acteur majeur avec une part de marché significative sur le segment des grands formats.
* Groupe Horchani / SEM (Sabrine) : Historiquement l’un des plus gros volumes de vente nationaux.
* Autres producteurs indépendants (Jannet, Hayet, Safia) : Se partagent le reste du marché local.
Mainmise et Structure de Lobbying
Gaida a précisé que la mainmise du secteur s’exerce à travers la Chambre Syndicale Nationale des Producteurs d’Eaux Conditionnées (affiliée à l’UTICA). Ce lobby intervient directement sur :
* La fixation des prix et des marges : Négociations auprès du ministère du Commerce pour ajuster les tarifs homologués face à la hausse des coûts du plastique (PET) et de l’énergie.
* Gestion des ressources hydriques : Pression pour la préservation des quotas de pompage des nappes phréatiques en période de sécheresse.
* Régulation de la distribution : Coordination lors des pics de consommation estivaux pour maîtriser la logistique et bloquer les tentatives de taxation environnementale accrue sur les emballages plastiques.
Il a expliqué que l’Office National du Thermalisme facturait historiquement la redevance de prélèvement à quelques millimes le mètre cube (souvent moins de 5 à 10 dinars le m^3 selon la concession), ce qui rend le coût direct de la matière première quasi nul pour les embouteilleurs.En revanche, le prix final payé par le consommateur tourne autour de 560 à 630 dinars le m3 (sur la base d’une bouteille de 1,5L vendue entre 850 et 950 millimes).L’écart s’explique par le fait que les industriels vendent principalement de l’emballage en plastique PET, du packaging, de la logistique et du marketing plutôt que le liquide lui-même, leur assurant des marges brutes particulièrement élevées.
Les marges brutes
Selon Gaida, le secteur affiche des marges industrielles brutes exceptionnellement élevées, souvent estimées entre 60 % et 80 % sur la partie matière liquide. La matière première brute ne représente qu’une fraction négligeable du coût de production complet, l’essentiel des dépenses industrielles étant absorbé par la transformation du plastique PET, l’énergie de soufflage, le conditionnement, le transport et le marketing.Au niveau du réseau commercial, les marges de distribution sont désormais encadrées par l’État (fixées à un maximum de 15 % ou environ 15 millimes par bouteille chez les grossistes et détaillants).
Maher Gaida a conclu que le secteur de l’eau en bouteille regroupe 31 usines d’embouteillage en Tunisie.Le secteur produit près de 1,8 à 2 milliards de bouteilles par an (soit environ 241 litres par habitant et par an). Il génère un chiffre d’affaires annuel estimé à plus de 800 millions à 1 milliard de dinars.L’accumulation des profits nets annuels pour l’ensemble des acteurs privés de la filière est estimée à plusieurs dizaines de millions de dinars par an. Les groupes agroalimentaires majeurs qui dominent le marché (SFBT avec Marwa, SFMC avec Sabrine, Fourat, etc.) dégagent sur ces branches des rentabilités nettes historiques très solides.



