Les réformes pour renforcer le rôle central de la Bourse de Tunis

-Les propositions de l’économiste Aram Belhaj
Le professeur d’économie Aram Belhadj estime dans une publication sur sa page facebook que les faits confirment que la situation à la Bourse de Tunisie est une correction technique temporaire, précisant que « l’hypothèse d’une correction technique temporaire à la Bourse de Tunisie se confirme de plus en plus, bien plus que celle d’un scepticisme ou d’une réticence persistants.» Il a souligné que le marché demeure très étroit et vulnérable aux fluctuations tant que sa profondeur et sa liquidité ne sont pas structurellement renforcées et que les réformes nécessaires ne sont pas mises en œuvre. Il a tenu l’État et le gouvernement responsables de la gestion du marché et du soutien de l’économie.
Aram plaide pour des réformes structurelles, financières et monétaires qui renforceraient le rôle central de la Bourse de Tunisie et consolideraient la résilience de l’économie nationale. Parmi ces réformes figure l’accélération du programme d’introduction en bourse des institutions publiques par l’ouverture d’une partie de leur capital. Il a également plaidé pour l’octroi d’incitations fiscales importantes aux grandes entreprises familiales qui préfèrent rester en dehors du marché , mais que ces incitations auraient un effet de transparence et de gouvernance. Il a aussi insisté sur la nécessité de renforcer le rôle des fonds de pension et des compagnies d’assurance en tant qu’investisseurs institutionnels tout en exhortant à faciliter l’accès des investisseurs étrangers en simplifiant les procédures de transfert et en levant les restrictions de change, tout en établissant des clauses de sauvegarde en cas de crises graves.
Parmi les réformes préconisées par M. Belhaj figure le développement de canaux d’épargne collective et de fonds d’investissement, permettant d’élargir la base des petits épargnants et de créer des produits d’épargne adaptés .Il a également plaidé pour le développement de nouveaux instruments financiers, tels que les contrats à terme, les instruments de couverture et les obligations convertibles, susceptibles de dynamiser le marché. Il a appelé à renforcer la gouvernance des sociétés cotées en soutenant des normes de publication plus strictes, afin d’accroître la confiance des investisseurs institutionnels et étrangers.
Il affirme que l’effet de levier important de la Bourse tunisienne n’est pas uniquement financier. La profondeur de tout marché financier dans le monde est directement liée à la taille de l’économie réelle et au taux d’épargne intérieure orientée vers l’investissement productif plutôt que vers la consommation ou l’immobilier. Il est donc crucial de s’attaquer à la fragilité des finances publiques en Tunisie et au besoin croissant de financer le déficit budgétaire. Cela implique de réformer le système de subventions, les institutions publiques et l’économie informelle, de revoir le régime de change et de repenser en profondeur le système fiscal afin de le rendre plus équitable entre les « grands acteurs » qui opèrent en dehors du système et les « victimes » de ce dernier.
Mohamed Salim


