L’oasis de Halba à Tozeur :un trésor agricole millénaire menacé par la pollution !

Tunis Universnews.Tozeur abrite une splendide palmeraie de plus de 1 000 hectares plantés de 400 000 arbres.Pendant sept siècles, jusqu’à il y a quelques années, cette vaste palmeraie a permis à Tozeur d’être autosuffisante sur le plan alimentaire, grâce à une organisation culturale de type oasien Aujourd’hui, cette palmeraie est menacée . Le danger de voir disparaître l’oasis dans les sables est réel. La palmeraie recule inexorablement au profit du désert. Face aux changements climatiques et à la pression touristique, Tozeur relève aujourd’hui d’importants défis. La préservation de ses ressources en eau, la lutte contre la désertification et la pollution sont au cœur des préoccupations locales.
Pour faire face à une sécheresse qui s’aggrave et à une pénurie d’eau de plus en plus importante, l’arrosage de l’immense forêt de palmiers se fait grâce au pompage des sous-sols. Beaucoup d’agriculteurs ont aussi fait le choix de construire un puits dans leur jardin, ainsi, ils mettent à rude épreuve les nappes phréatiques. Les habitants qui vivent de la culture des dattes sont obligés de faire attention aux réserves d’eau qui diminuent. C’est dans ce cadre que l’Association pour le développement agricole de l’oasis de Halba al-Gharbiya, dans le gouvernorat de Tozeur, a signalé des fuites récurrentes d’eaux usées dans le canal principal desservant les oasis de Halba al-Gharbiya et de Halba al-Charqiua, ce qui représente une menace environnementale pour les exploitations agricoles riveraines.
Le trésorier de l’association, Nasser Hamdi Bacha, a indiqué que la fuite se situe à quelques mètres en aval de la station d’épuration, sur les canalisations acheminant les eaux traitées jusqu’au point de rejet tout en précisant que, malgré la baisse du niveau d’eau dans le canal depuis avril, celui-ci reste contaminé par des eaux usées. Il a expliqué que ce problème n’est pas nouveau et que les deux oasis en souffrent depuis plusieurs années. L’état du canal est donc devenu une priorité pour les services techniques de la Direction régionale du développement agricole, qui procèdent régulièrement à son dragage et à son nettoyage afin d’éviter les obstructions. Ces interventions ont permis d’empêcher la montée des eaux et l’inondation des cultures et des palmiers environnants. Il a toutefois confirmé que des eaux usées s’écoulent actuellement dans le fossé, endommageant les palmiers et autres cultures.
Le trésorier de l’association, a ajouté que l’Office national de l’assainissement était déjà intervenu en remplaçant les canalisations et en réparant les défauts afin de prévenir les fuites tout en précisant qu’avec la récurrence de ces fuites, des solutions techniques peuvent être mises en œuvre pour les stopper et empêcher certains agriculteurs d’utiliser cette eau non traitée et impropre à l’irrigation. Ces solutions comprennent le rehaussement des regards et des canalisations, le renforcement des contrôles pour empêcher l’utilisation de cette eau pour l’irrigation et la sanction des contrevenants.
Mohamed Salim



