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Prix Abou El Kacem Chebbi: Traditions et engagement respectés par la Banque de Tunisie

  • Kamilia Abdelfattah (Egypte) couronnée pour son roman « أن يتأرجح بك », « confirmant la puissance de sa construction narrative et la maturité de son écriture »
  • Le prix d’honneur attribué au sociologue et écrivain tunisien Tahar Labib, figure majeure des sciences humaines dans le monde arabe

UniversNews (CULT) – La cérémonie marquant le décernement du Prix Abou El Kacem Chebbi, pour la littérature arabe, grandit d’une année à l’autre et sa renommée s’étend à tout le monde arabe, comme le montre le nombre des candidatures, ainsi que celui de l’assistance qui est très étoffée. Outre les quarante œuvres choisis, dans un premier tri, la cérémonie a été marquée par la présence de diplomates, universitaires, écrivains, artistes et invités venus de plusieurs pays étaient présents, avec la participation remarquée de l’intellectuel qatari Khaled Al-Jabeur, invité d’honneur. Les lectures poétiques assurées par l’actrice Wahida Dridi, puis les récitations vibrantes des jumelles Bissan et Bilsan Kouka, ont donné à la soirée un rythme où la littérature dialoguait directement avec l’émotion.

Le rideau est tombé sur l’octroi du Prix Abou El Kacem Chebbi pour la littérature arabe, décerné par la Banque de Tunisie, dans sa 31e édition. C’est une cérémonie riche en couleurs qui s’est déroulée, à cette occasion, au palais Ksar Saïd, au Bardo qui a vu le couronnement de la romancière égyptienne Kamilia Abdelfattah qui a remporté le premier prix pour son roman « أن يتأرجح بك », « confirmant la puissance de sa construction narrative et la maturité de son écriture ».

Le deuxième prix, celui d’honneur, a été attribué au sociologue et écrivain tunisien Tahar Labib, figure majeure des sciences humaines dans le monde arabe. Le jury a salué un parcours intellectuel dense, marqué par des travaux fondateurs sur la sociologie de la poésie, de la culture et du monde arabe. Plusieurs mentions spéciales ont également été remises, notamment à Azza Filali, Habib Jegham, Abdel Majid Mraïhi, Jamel Sassi, ainsi qu’aux jumelles Bissan et Bilsan Kouka, sacrées championnes de la lecture arabe, récemment, lors du Dubaï Reading Challenge Award.

Le directeur général de la Banque de Tunisie, Hichem Rebaï, a rappelé l’importance de soutenir la culture à une époque dominée par la logique du rendement, des chiffres et de la technologie, et a souligné que célébrer la littérature reste un acte de résistance face à la standardisation imposée par le numérique et l’intelligence artificielle. En évoquant Chebbi, qu’il a décrit comme le poète de la vie et du rêve, il a insisté sur la nécessité de préserver la créativité et l’identité à travers des initiatives comme ce prix, mettant en lumière, l’héritage de l’institution qui totalise 141 ans d’existence, ainsi que la longévité du prix dont la création remonte à l’année 1984 et qui avait permis, dans sa 30e édition, l’année dernière, de rendre hommage au poète de la Tunisie, dans sa ville natale de Tozeur et, plus précisément, au musée qui lui est dédié.

Il convient de noter que l’édition 2025 du Prix Abou El Kacem Chebbi qui est la 31e, a enregistré quarante-trois candidatures provenant de divers pays arabes. Après un premier tri, quatre romans ont été retenus dans la liste finale.

  • « أن يتأرجح بك » (Qu’il te balance) – Kamilia Abdelfattah (Égypte)
  • « عقدة ستالين » (La Névrose de Staline) – Abdelouahab Aïssaoui (Algérie)
  • « أثر الدبّ » (La Trace de l’ours) – Honar Karim (Kurdistan irakien)
  • « غير مرئية » (Invisible) – Shereen Fathy (Égypte)

Le jury était présidé par le romancier Moncef Louhaïbi et composé de Mohamed Khabou, Hayet Khiari, Afrah Jabali et Fakher Bellagha. Le Prix donne rendez-vous pour la prochaine édition qui, sauf contretemps, aura lieu l’année prochaine, et la Banque de Tunisie ne manquera pas de choisir un lieu qui colle avec la littérature et la poésie !!!

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