
UniversNews (SEF) – Les entreprises publiques qui avaient fait le bonheur des Tunisiens à tous les niveaux, dans le passé, avec une industrie florissante, des postes d’emploi et une dynamique économique régionale très poussée… Malheureusement, les dégâts qu’elles ont subi sont très profond et il faut du temps et de l’énergie pour les remettre sur pied. Les exemples sont nombreux et de nombreux intervenants ont tout fait pour mettre ces entreprises publiques sur la paille, afin de les céder à des personnes malveillantes, au moindre coup… pour ne pas dire, pour des broutilles.
Aujourd’hui, rares sont les entreprises publiques qui ne sont pas déficitaires et qui puisent dans les caisses de l’Etat pour survivre, comme c’est le cas pour la Société du sucre de Béja qui commence à revenir à la vie, après les dernières mesures en sa faveur… C’est le cas, aussi, pour la société El Fouledh de Menzel Bourguiba qui retenu l’intérêt des pouvoirs publics… est, maintenant, c’est le tour de la Cimenterie de Bizerte.
Un conseil ministériel restreint (CMR), présidé mardi par la cheffe du gouvernement, Sara Zaafrani Zenzri, au Palais du gouvernement à La Kasbah, a recommandé d’engager des réformes pour restructurer cette entreprise publique, de lancer son programme d’investissement et d’améliorer sa performance commerciale.
- L’objectif est, à court terme, d’assurer la continuité de l’approvisionnement à travers la poursuite de l’acquisition et de la transformation du clinker, de préserver la part de marché de l’entreprise, de maintenir une marge bénéficiaire positive et de réduire les coûts de production afin de garantir la compétitivité des prix, selon un communiqué de la présidence du gouvernement.
- À moyen terme, il s’agit notamment de réactiver le transport ferroviaire pour réduire les coûts logistiques, d’encourager l’utilisation du ciment en vrac pour ses avantages économiques et environnementaux, de créer une filiale commerciale dans la capitale et de développer les ventes dans les régions du Nord-Ouest et du Grand Bizerte.
- À plus long terme, ces réformes visent à développer l’activité du port commercial de l’entreprise, à renforcer les exportations de clinker et de ciment, à diversifier les produits et à s’orienter vers de nouveaux marchés extérieurs prometteurs.
Le CMR a également souligné la nécessité de soutenir l’entreprise afin de lui permettre de financer son cycle d’exploitation et son programme d’investissement prioritaire, d’améliorer son positionnement sur le marché local et de reconquérir sa part de marché historique, tout en préservant ses équilibres financiers.
Le plan d’investissement est articulé en trois phases :
- La remise en service de la ligne de clinker, tout en préservant les équipements, en réduisant le recours aux services externes et en maîtrisant les coûts.
- La deuxième phase porte sur l’augmentation de la capacité de production, notamment via la modernisation des équipements et l’amélioration des processus d’exploitation.
- La troisième phase sera consacrée à la maîtrise de l’énergie, à la protection de l’environnement, au renforcement de la compétitivité et à la mise en place d’un système d’information intégré.
Créée en 1950 sous le nom de « Ciment Portland de Bizerte » et entrée en production en 1953 avant sa nationalisation en 1959, l’entreprise «Ciments de Bizerte» figure parmi les plus anciennes entreprises nationales ayant contribué au développement de l’économie tunisienne et à la réalisation de grands projets, tout en participant à l’essor des exportations, notamment vers les pays méditerranéens.
Le secteur du ciment, qui compte neuf entreprises pour une capacité de production avoisinant 12 millions de tonnes et plus de 4 000 emplois, constitue un pilier de l’économie nationale, contribuant à la croissance et à la mobilisation de devises.



