
- 3000 ha consacrés, dans une première étape, à la culture de la betterave permettant la production de 30 mille tonnes de sucre
- L’alternance agricole avec la betterave à sucre propice pour améliorer le rendement des cultures céréalières
- Un allégement pour la facture qui s’élève à 700 millions de dinars pour les importations du sucre
Tunis, UniversNews (SEF) – La Tunisie était un précurseur dans la mise en place d’une stratégie pour la production du sucre, à partir de la betterave à sucre et d’offrir toutes les conditions de réussite, à tel point qu’on avait vu la naissance de la Société tunisienne du sucre de Béja, depuis le 15 janvier 1961. Le succès de cette entreprise dans la satisfaction des besoins nationaux en sucre a incité le pouvoir à créer une seconde unité sucrière « Le complexe sucrier de Ben Béchir », à Boussalem, dans le gouvernorat de Jendouba, qui prend petit à petit la relève dans la production du sucre et d’autres produits dérivés, notamment la levure à partir de la betterave à sucre, alors que la sucrerie de Béja, devient, avec le temps, une unité de raffinage du sucre noir importé, ce qui était le signal de sa décadence et de sa mort lente.

Gérée par la Société générale des industries du nord (GINOR), après sa privatisation, la sucrerie de Ben Bechir avait repris timidement la production du sucre à partir de la betterave à sucre. Dans une étape expérimentale, il a été procédé à la transformation de 3 mille 700 tonnes de betteraves à sucre par jour, à la vérification du dispositif de sécurité et à la remise en état de marche des machines qui ont été mises hors d’usage tout le long de la période de suspension des activités. La capacité journalière de transformation des betteraves à sucre s’élève à 4 mille tonnes. Malheureusement, ce fut un échec, surtout que le secteur ne bénéficiait plus du soutien de l’Etat qui accordait des subventions consistantes aux producteurs de la betterave à sucre… Conséquence, la tentative avait été vouée à l’échec et la société avait risqué la catastrophe.
Animé par le courage et la persévérance, la GINOR n’a pas désespéré et tente, actuellement, une nouvelle expérience qui, tout le monde l’espère, sera couronnée de succès… avec l’aide des producteurs, des industriels et de l’Etat, l’objectif étant de faire tourner les machines de nouveaux dans les trois unités de production du sucre, respectivement à Ben Bechir, Béja et Bizerte, afin d’atteindre l’autosuffisance dans le domaine du sucre grâce à la betterave à sucre, surtout que les ruptures de stocks à répétitions désespèrent les ménages, les commerçants et les industriels.
La journée d’information organisée par l’Institut nationale des grandes cultures de Jendouba a attiré du monde assoiffé d’information sur une reprise de la production de la betterave à sucre dans le gouvernorat de Jendouba. La décision a été prise, partant de la conviction de l’importance de cette culture, dans la garantie de la sécurité alimentaire et la prévention des turbulences du marché, surtout qu’en plus la culture de la betterave à sucre est bénéfique pour l’alternance agricole, ce qui sera de nature à améliorer le rendement des cultures céréalières.
La reprise va être, par étapes, mais la GINOR n’a pas tari sur l’effort, pour que cette reprise soit une réalité… et, selon les dernières informations données au cours de cette journée, la direction générale de la production agricole est décidée à aider à la reprise, en consacrant, pour cette saison, environ 3000 ha qui vont permettre, dans une première étape, de produire pas moins de 30 mille tonnes de sucre, ce qui va alléger la facture des importations de ce produit vital qui puise pas moins de 700 millions de dinars en devises, dans les caisses de l’Etat.
La situation actuelle, avec les pénuries à répétition condamnent la Tunisie à généraliser, de nouveau, la culture de la betterave à sucre, afin de limiter sa dépendance à l’étranger, dans le domaine, tout en veillant à tirer les leçons de l’expérience des années passées. L’Egypte et l’Algérie sont des modèles à imiter, , dans le domaine, et il serait possible de l’étendre à d’autres régions, surtout au sud qui dispose de terres assez vastes pour le faire.



