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Spectacle désolant et indigne… de fin d’année scolaire!!!

UniversNews (Education) – C’est devenu une tradition chez certains élèves de se mettre, au dernier jour de l’année scolaire, à déchirer et à éparpiller aussi bien leurs cahiers et leurs livres que leurs devoirs dans les rues. C’est un éternel recommencement. Chaque fin d’année scolaire, on constate ce triste phénomène : des cahiers et des livres déchirés et abandonnés dans les rues. Un comportement qui montre une absence totale de conscience de la valeur du savoir chez nos élèves. Inutile de parler des déchets qui jonchent le sol des trottoirs, des routes et de nos quartiers. Ce sont des quantités de papier d’une valeur inestimable qui polluent l’environnement.

Ce spectacle inacceptable est malheureusement devenu une habitude chez nos écoliers. Romdhane estime que « L’éducation c’est aux parents, le savoir est à l’école, et les élèves bien élevés gardent leurs cahiers et livres proprement et bien rangés à la maison qui serviront les suivants où autrui». Pour Omar, chaque fin d’année scolaire devrait être une célébration du savoir et non une occasion de salir nos rues « il faudrait vraiment sensibiliser les élèves à l’importance de préserver les biens communs. Nous, quand on était à leur âge on gardait nos cahiers, disons plutôt le seul cahier qu’on avait, comme on gardait un trésor » dit-il. 

«Quel gâchis ! a fait remarquer un enseignant de collège. Normalement, on ne doit jeter ni livre ni cahier, ils peuvent toujours servir aux prochaines années ! Les livres pourraient être réutilisés s’ils sont encore en bon état ! » Pour Lamia, « Au-delà de l’image négative et du manque de respect, c’est aussi un énorme gaspillage car tout ce papier pourrait être recyclé pour fabriquer de nouveaux cahiers et par ricochet protéger les arbres. Voilà pourquoi l’éducation environnementale devrait être enseignée dès l’école primaire » dit-elle.

Ce phénomène devant les portails des écoles ou des lycées, parfois même en pleine rue, dans une sorte de célébration théâtrale et dansante, n’est pas un fait isolé. Il constitue plutôt un indicateur sociologique d’une profonde mutation culturelle, psychologique et civilisationnelle collective, qui appelle une lecture attentive pédagogique, politique, cognitive, linguistique, esthétique et générationnelle. Notre génération, celle des années soixante-dix, quatre-vingt, a grandi dans un rapport particulier au cahier scolaire : un rapport oscillant entre respect et sacralisation. En grandissant, nous avons découvert que nos parents avaient conservé nos cahiers, depuis la première année jusqu’au baccalauréat.

Aujourd’hui, lorsque nous assistons à ces scènes de déchirement des cahiers scolaires transformées en carnavals et en fêtes de rue, une question s’impose : qu’est-ce qui motive un tel geste, devenu si répandu ? Le déchirement des cahiers scolaires n’est donc pas simplement, comme certains pourraient le croire, un rejet des programmes surchargés, des matières trop nombreuses, des cartables trop lourds ou des méthodes pédagogiques usées ; il est bien plus profond que cela.Ce phénomène annonce aussi le commencement de la fin de l’école traditionnelle et sa disparition progressive. La nouvelle génération est celle de l’internet, des outils numériques et de l’intelligence artificielle porteuse de valeurs qui sont souvent en contradiction avec celles imposées ou inculquées par l’école classique. (M.S)

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