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Taux directeur à 7 %: un geste nécessaire, mais encore trop prudent!!!

  • En l’état, la baisse de 50 points de base ne suffit pas à déclencher un cycle vertueux d’investissement. Elle apaise, mais ne convainc pas ?!
  • Une politique monétaire prudente, presque attentiste, qui protège la stabilité mais freine la reprise !!!
  • La Tunisie n’a plus besoin de signaux prudents. Elle a besoin d’une vision économique lisible, cohérente et assumée !!

UniversNews (SEF) – En décidant, le 30 décembre 2025, de réduire son taux directeur de 50 points de base pour le ramener à 7 %, la Banque Centrale de Tunisie (BCT) a envoyé un signal attendu : celui de la fin progressive d’une politique monétaire excessivement restrictive. Après des mois de tension sur les taux, ce mouvement marque une inflexion. Mais une inflexion prudente, presque défensive, dont l’impact réel sur l’économie demeure limité.

Dans un contexte de désinflation graduelle, cette décision ressemble davantage à un ajustement technique qu’à un véritable choix stratégique de soutien à la croissance.

Ménages : soulagement psychologique, gain économique limité

Pour les ménages, la baisse du taux directeur constitue avant tout un signal psychologique positif. Elle laisse espérer une détente progressive des taux des crédits immobiliers et à la consommation, après une période où le coût de l’endettement a fortement pesé sur le pouvoir d’achat.

Mais en pratique, l’effet restera lent et partiel. À 7 %, le taux directeur demeure élevé, ce qui limite la capacité réelle des banques à réduire significativement leurs barèmes. De plus, la baisse parallèle de la rémunération de l’épargne pénalise les ménages les plus prudents, dont l’épargne bancaire reste un pilier de sécurité face aux incertitudes économiques.

Le message est donc ambigu :

  • Un léger soulagement pour les emprunteurs,
  • Une perte de rendement pour les épargnants,
  • Et au final, un impact modéré sur la consommation.

Investisseurs : un signal insuffisant pour relancer la dynamique

Du côté des investisseurs, la décision de la BCT est perçue comme un premier pas, mais certainement pas comme un tournant. Certes, une détente monétaire améliore marginalement le coût du financement des projets et la gestion de la trésorerie des entreprises. Mais l’essentiel manque encore : la visibilité.

Avec un taux directeur toujours parmi les plus élevés de la région, la Tunisie peine à redevenir compétitive dans l’arbitrage international des capitaux. Les investisseurs, locaux comme étrangers, attendent moins un ajustement ponctuel qu’une trajectoire claire de baisse, accompagnée de réformes structurelles crédibles et d’un cadre macroéconomique stabilisé.

En l’état, la baisse de 50 points de base ne suffit pas à déclencher un cycle vertueux d’investissement. Elle apaise, mais ne convainc pas.

La Tunisie à contre-rythme de la détente mondiale

Alors que plusieurs grandes banques centrales ont engagé des cycles d’assouplissement plus affirmés, la Tunisie avance à petits pas.

  • Dans les économies avancées, la priorité est désormais de soutenir la croissance après le reflux de l’inflation.
  • Dans plusieurs pays émergents, les baisses de taux ont été plus rapides afin de préserver l’investissement et l’emploi.
  • En Tunisie, la BCT reste contrainte par la stabilité financière, la pression sur le dinar et les équilibres extérieurs.

Résultat : une politique monétaire prudente, presque attentiste, qui protège la stabilité mais freine la reprise.

Chiffres clés – Ce que change (et ne change pas) la décision de la BCT

  • Taux directeur : 7 % (contre 7,5 % auparavant)
  • Baisse décidée : –50 points de base
  • Inflation fin 2025 (estimée) : autour de 5 %
  • Taux réel : toujours positif et élevé
  • Position régionale : l’un des taux directeurs les plus élevés du monde arabe

Un pas dans la bonne direction, sans effet de levier

La baisse du taux directeur à 7 % est nécessaire, mais elle n’est pas suffisante. Elle corrige partiellement les excès du resserrement monétaire, sans pour autant créer un choc de confiance capable de relancer durablement la consommation et l’investissement.

En clair, la politique monétaire a atteint ses limites. Sans relais budgétaire, sans réformes structurelles et sans amélioration tangible du climat des affaires, la baisse des taux restera un outil de stabilisation, non un moteur de croissance.

La Tunisie n’a plus besoin de signaux prudents. Elle a besoin d’une vision économique lisible, cohérente et assumée.

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