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Banques: Rythme des crédits plus lent que celui des activités économiques

Tunis, UniversNews (Finances) – L’écart entre le ratio crédit par rapport au PIB et sa tendance de long terme s’est davantage creusé en 2024, faisant suite à un accroissement du crédit bancaire à un rythme moins important que celui de la croissance de l’activité économique, révèle le Rapport annuel sur la supervision bancaire pour l’exercice 2024, publié par la Banque centrale de Tunisie (BCT) qui fait les constatations suivantes :

  • Ralentissement continu de la demande de financement en rapport avec la persistance de la conjoncture économique difficile et ses répercussions sur les entreprises et les particuliers.
  • La dynamique du crédit par type de bénéficiaire montre une poursuite de l’accroissement des crédits accordés aux entreprises publiques, contre un ralentissement des crédits destinés au secteur privé, ce qui a ramené la contribution des crédits au secteur privé à 38% de l’accroissement des crédits professionnels contre 54,5% en 2023.
  • Pour leur part, les crédits aux ménages ont connu une décélération en 2024 avec une baisse de la part des crédits logement à 14,9% de l’évolution des crédits aux particuliers contre 48,1% en 2023.

Baisse des émissions de bons du Trésor sur le marché primaire (-11,8%)

  • Le volume des émissions de bons du Trésor sur le marché primaire a diminué de 11,8%, s’établissant à 14, 327 millions de dinars (MD).
  • En contrepartie, les Bons du Trésor Assimilables (BTA) ont repris, représentant 32% de ces émissions après une quasi-absence en 2023. D’un autre côté, l’emprunt obligataire national 2024 a permis de mobiliser 5 100 MD.
  • Les émissions privées par appel public à l’épargne (APE) sont revenues à 365 MD en 2024 contre 522 MD en 2023, marquant une deuxième baisse annuelle consécutive et ont été effectuées exclusivement par les institutions financières sur le compartiment obligataire.
  • La part de l’investissement étranger en portefeuille dans la capitalisation boursière a diminué, passant de 21,2% à fin 2023 à 19,6% au terme de l’année 2024 et le solde net des transactions réalisées par les investisseurs étrangers sur la cote de la Bourse a été négatif, atteignant 96 MD.
  • Quatre sociétés ont été radiées de la cote de la bourse, à savoir « SERVICOM », « MIP », « ELECTROSTAR » et « Gif-Filter », ce qui a ramené le nombre des sociétés cotées à 74 unités à fin 2024. La dynamique positive de l’activité des Organismes de placement Collectif en valeurs mobilières (OPCVM) a continué avec un rendement annuel de 6,5% en 2024 contre 6,1% en 2023, ainsi qu’un accroissement des actifs nets de 1 217 MD ou 21% en 2024, pour se situer à 7 005 MD. Les unités obligataires accaparent 86% de ces actifs.

Baisse du résultat net global des banques islamiques (-10,6%)

Le résultat net global des banques islamiques a baissé de 10,6% (contre une hausse de 11,1% en 2023), pour se situer à 125 MD à fin 2024, et ce compte-tenu d’un effort net de provisionnement de 94 MD. Conséquemment à ces évolutions, les indicateurs de rentabilité de ces banques ont connu une détérioration à fin 2024.

  • Le PNB des banques islamiques a connu une amélioration de 12% en 2024 contre 10,1% l’année précédente. La structure du PNB reste dominée par la forte contribution de la marge de profit, soit une part qui dépasse 70%.
  • Les charges opératoires ont augmenté de 11,2% et le coefficient d’exploitation a connu une légère amélioration pour s’établir à 53,4% à fin 2024 (contre 53,7% à fin 2023), alors que les banques exerçant des opérations islamiques, ont consolidé leur part de marché en termes de crédits en 2024, de 0,8% pour s’établir à 8,2 %,
  • Les parts de marché de ces banques en termes de total actif et de dépôts ont augmenté de 0,2% pour s’établir respectivement à 7,1% et 8,2%.
  • Les emplois d’exploitation des banques islamiques s’élèvent, au terme de l’année 2024, à 9 766 MD enregistrant une augmentation de 14,6 % (contre 10,2 % en 2023). Le portefeuille de crédits de ces banques se situe à 9 068 MD et demeure dominé par les opérations de Mourabaha (soit 65,1 %), suivies par les opérations d’Ijara avec une part de 16,1%.
  • Les ressources d’exploitation des banques s’adonnant à des opérations islamiques ont évolué de 13% (contre 9,4 % à fin 2023) pour atteindre 9 507 MD à fin 2024 dont 9 422 MD (99 %) sont constituées des dépôts.
  • La structure des dépôts des banques islamiques demeure quasiment inchangée avec 45,4 % de comptes d’épargne, 34,2 % de comptes à vue et 20,4% de dépôts participatifs.
  • Les indicateurs du risque de crédit de ces banques ont connu une détérioration en 2024, comme en témoignent l’augmentation du risque additionnel de 131 MD qui s’est traduit par l’aggravation du taux de migration passant de 1,6% à fin 2023 à 2,9% à fin 2024, l’accroissement de l’encours des créances classées de 30,8% pour se situer à 754 MD à fin 2024, contre une augmentation de 9,1% une année auparavant et l’aggravation de la part des créances classées pour atteindre 6,7% des engagements contre 5,8% à fin 2023.

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