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Bière, lait et couscous : comment la Tunisie paye sa note alimentaire (rapport Fitch)

La grande distribution joue un rôle clé,  et contribue a la disparition des petits commerces

La dépendance aux importations et la faible concurrence fragilisent le pouvoir d achat

Bière, lait, couscous… et portefeuille vidé : en Tunisie, les tickets de caisse parlent plus que les rapports et les statistiques officiels sur la crise du pouvoir d’achat. Fitch Solutions alerte sur les distorsions profondes du marché alimentaire, visibles dans chaque rayon de supermarché.

Selon le rapport « Tunisia Food & Drink Report de Fitch Solutions », paru le 2 février courant, le marché de la bière illustre, à lui seul, les déséquilibres structurels de l’offre agro-alimentaire et la manière dont l’inflation se répercute sur les consommateurs.

L’exemple de la SFBT

 La Société de fabrication des boissons de Tunisie (SFBT) domine entre 80 et 85 % du marché de la bière, et près de 90 % des boissons gazeuses. Dans un contexte où les revenus réels s’érodent, la consommation de ces produits reste paradoxalement stable, traduisant une rigidité de la demande et une dépendance des ménages à certains biens considérés comme essentiels ou sociaux. Cette position dominante permet une transmission quasi immédiate de l’inflation vers les prix finaux, tandis que les baisses de coûts sont rarement répercutées.

Les céréales — pain, semoule, couscous, pâtes —, cœur symbolique de l’alimentation tunisienne, restent Fortement dépendant des importations. La régulation de l’Office des Céréales dissimule, temporairement, l’inflation du secteur mais provoque périodiquement des ruptures d’approvisionnement.

 Les huiles alimentaires et les protéines animales suivent la même logique : marchés concentrés, forte dépendance aux cours internationaux et transmission immédiate des hausses de coûts. Les ménages modestes réduisent progressivement leur consommation de viande et se tournent vers des alternatives moins chères, au détriment de la qualité nutritionnelle.

Place à la grande distribution

Enfin, la grande distribution joue un rôle clé. Carrefour, Monoprix, Géant et d’autres enseignes structurent une part croissante de la consommation urbaine. Leur pouvoir de négociation avec les producteurs uniformise les prix à un niveau élevé et contribue à la disparition des petits commerces locaux. Pour Fitch, l’inflation alimentaire tunisienne n’est pas seulement importée, elle est amplifiée par des rigidités structurelles. La concentration du marché, la dépendance aux importations, et la faible concurrence aggravent la pression sur les ménages, fragilisant durablement le pouvoir d’achat.

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