
Tawfik BOURGOU
UniversNews (TRIBUNE) – En deux phases et en deux accords séparés, l’Arabie Saoudite, moyennant finances, s’est mise sous le protectorat nucléaire et militaire du Pakistan. La monarchie wahhabite s’est tournée vers le Pakistan et non vers l’Egypte, pourtant géographiquement à proximité frontalière directe. C’est un début de réponse à la question posée dans le titre.
Sans être insultant envers quiconque, du point de vue des sciences militaires, les armées arabes sont dans l’incapacité de s’opposer à la moindre des menaces fussent-elles mineures, dans leurs environnements immédiats. Mais le bilan militaire à établir est lapidaire. L’armée syrienne a disparu, remplacée par une milice de terroristes djihadistes à la solde des Israéliens, l’armée irakienne est un ancien souvenir, elle avait choisi la fuite devant l’Etat islamique dont est issu Al Joulani. L’armée libanaise est anecdotique, celle de Libye n’existe que sur le papier. Le Soudan est aussi fragmenté que son armée.
Sur le papier, mais sur le papier seulement, les pays arabes paraissent surarmés, mais dans la réalité, aucune armée n’est une armée combattante dotée d’une vraie doctrine stratégique autonome de combat. Les monarchies du Golfe arabo-persique totalisent à elles seules 800 avions de combat et dépensent 120 milliards de dollars annuels pour leurs défenses pour une capacité militaire au combat équivalant à zéro. En un plus d’un mois et face à l’Iran doublement et massivement bombardé par la coalition israélo-américaine, certainement aidée en sous-main par les capacités logistiques de l’OTAN, probablement secondée par l’armée britannique, les pays arabes du Golfe ont brillé par une absence totale. Aucune présence, même pas symbolique. Une honte. Or, les armées de l’Arabie Saoudite, des Emirats, du Qatar, du Koweït comptent parmi les plus sophistiquées puisque dotées des aéronefs de supériorité aérienne face à l’Iran. Paradoxalement elles ont eu pour stratégie au mieux de faire dos rond, au pire celle de l’autruche en attendant l’aide du (faux) ami américain.
Diplomatiquement, c’est aussi une défaite cuisante pour les monarchies du Golfe, qui ne pèsent rien aux yeux des Etats-Unis, traitées en esclaves comme le montre la formule ordurière et impolie de Trump à l’endroit de Mohamed Ben Salmane. Malgré les milliards pompés par la famille de Trump et par les marchands de canons américains, les Etats-Unis n’ont tenu compte que de l’injonction de Netanyahou à aller faire la guerre contre l’Iran quitte à démolir pour des années les économies du Golfe. Ce n’est pas la dernière des humiliations, puisque les monarchies du Golfe ont été sommées de payer la guerre américaine contre l’Iran faite pour le compte d’Israel.
Toutes les guerres menées depuis le début de années 1960, contre et au sein du mone arabe montrent sans l’ombre d’un doute que les armées arabes ne sont en aucun cas des armées combattantes, elles sont quasi exclusivement des structures militaires organisées et structurées pour « l’ennemi intérieur » et servent quasi-exclusivement à peser sur le voisin, le frère arabe de l’est et/ou de l’ouest.
Les armées arabes interrogent quant à leurs doctrines, structures, missions, capacités, voire leur utilité, hormis celle symbolique bien sûr. Depuis 1990, deux armées supposées grandes et structurées ont disparu, démantelées ou dissoutes sans qu’elles n’aient pu mener le combat décisif pour leur survie, même en tant qu’armée secrète, en résistance et en sous-terrain. Hormis l’épisode de Falloujah, l’armée irakienne et son corps d’élite la fameuse garde républicaine s’est effondrée sans livrer le combat décisif pour Baghdad, l’armée de Bachar El Assad s’est évaporée face à la troupe djihadiste d’Al Joulani aidée il est vrai, par les services turcs, le Qatar, le Mossad et les Etats-Unis.
Au moment où le monde bascule vers un autre cycle avec la fin de celui de la globalisation supposée pacifique et heureuse (en réalité elle fut belliciste et dramatique), la question peut paraitre provocatrice et désobligeante, ce qu’elle n’est pas du tout. Au sens du cycle qui démarre et au sens des sciences militaires, mais aussi sur la base du bilan des soixante-cinq dernières années, ces armées n’ont aucune capacité, ni aucun intérêt militaire au sens des guerres stratégiques qui s’annoncent et ne procurent aucune parité stratégique avec aucune armée non-arabe du Golfe arabo-persique jusqu’à l’Atlantique.



