
UniversNews – Lors d’une séance plénière tenue mardi soir au siège de l’Assemblée des représentants du peuple à Bardo, le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, a présenté la vision du gouvernement pour faire face à la hausse du coût de la vie, devenue l’une des principales préoccupations des Tunisiens.
Le ministre a expliqué que son département ne privilégie pas une intervention directe sur les prix, mais mise plutôt sur une approche économique globale. L’objectif est clair : stimuler l’offre, relancer la croissance et, à terme, améliorer le revenu des citoyens. Une dynamique qui, selon lui, devrait contribuer naturellement à renforcer le pouvoir d’achat et à contenir les tensions sur les prix.
Cette orientation intervient dans un contexte marqué par une nette dégradation du pouvoir d’achat. Ces dernières années, la hausse continue des prix des produits alimentaires, notamment la viande, les fruits et légumes, a fortement pesé sur les ménages tunisiens. Pour de nombreuses familles, le budget quotidien est devenu de plus en plus difficile à équilibrer, alimentant un sentiment croissant de pression économique et d’incertitude.
Répondant à une question du député Mohamed Amine Ouergui, le ministre a détaillé les principales mesures prévues dans la loi de finances 2026. Parmi elles figurent des augmentations salariales dans les secteurs public et privé ainsi que pour les retraités, dont les modalités précises seront fixées ultérieurement par décret. Il a également mis l’accent sur la réforme de l’impôt sur le revenu, destinée à alléger la charge fiscale, notamment pour les classes moyenne et modeste.
Sur le plan social, le gouvernement entend poursuivre son soutien aux catégories vulnérables, à travers une augmentation des aides financières destinées aux familles à revenu limité. Cette politique s’accompagne de la hausse du salaire minimum garanti de 7,5 % appliquée depuis début 2025, ainsi que de mesures complémentaires touchant les retraites et la consommation énergétique.
Toutefois, cette approche, axée sur le long terme, suscite déjà des interrogations. Si elle vise à traiter les causes structurelles de l’inflation, certains observateurs estiment qu’elle pourrait tarder à produire des effets concrets sur le quotidien des citoyens. Dans un contexte où l’urgence sociale se fait de plus en plus pressante, la question reste posée : cette stratégie suffira-t-elle à soulager rapidement les ménages ou faudra-t-il envisager des mesures plus directes pour encadrer les prix ?
En conclusion, le ministre a souligné une évolution jugée encourageante de l’inflation, dont le taux est passé de 7 % en 2024 à environ 5 % en mars 2026, selon les données de l’Institut national de la statistique. Un signal positif, certes, mais qui reste à confirmer dans la durée pour convaincre une population toujours confrontée à la réalité d’un coût de la vie élevé.
KS



