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Un pétrole à plus de 100 dollars pourrait coûter jusqu’à 7,6 milliards de dinars à la Tunisie !

Tunis – Univers News. Les tensions géopolitiques qui s’intensifient au Moyen-Orient pourraient avoir de lourdes répercussions sur l’économie tunisienne. Dans son rapport pays publié dans le cadre de l’édition « Perspectives économiques en Afrique 2026 », le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) met en garde contre les conséquences d’une flambée durable des prix de l’énergie sur les équilibres macroéconomiques de la Tunisie.

Selon l’institution financière panafricaine, un scénario où le prix du baril de pétrole dépasserait le seuil des 100 dollars entraînerait pour les finances publiques tunisiennes un coût supplémentaire compris entre 4,4 et 7,6 milliards de dinars (soit entre 1,5 et 2,6 milliards de dollars). Une telle hausse représenterait un choc budgétaire majeur, susceptible d’accentuer les déséquilibres déjà existants et de mettre davantage sous pression les comptes publics.

Une forte dépendance aux importations

Le rapport souligne que cette vulnérabilité s’explique avant tout par la dépendance structurelle de la Tunisie vis-à-vis des marchés internationaux. Le pays couvre 61 % de ses besoins énergétiques par les importations et dépend également de l’extérieur pour 80 % de ses importations alimentaires, notamment les céréales.

Dans un contexte de hausse des cours internationaux, cette dépendance se traduirait par une augmentation significative de la facture énergétique et alimentaire, alourdissant les dépenses de compensation et creusant davantage le déficit budgétaire. La hausse des prix des intrants agricoles et des produits de base alimenterait également les pressions inflationnistes, réduisant le pouvoir d’achat des ménages et pesant sur l’activité économique.

La BAD estime que cette situation pourrait compromettre les perspectives de croissance de la Tunisie, dont le taux de croissance était initialement projeté à 2,1 % en 2026. Si les tensions internationales devaient perdurer, l’économie tunisienne pourrait voir son rythme de croissance ralentir sensiblement, voire basculer vers une phase de stagnation.

Une économie encore fragile

L’institution rappelle également que cette exposition aux chocs externes intervient dans un contexte économique déjà marqué par des fragilités importantes. La dette publique tunisienne atteint désormais 82,1 % du produit intérieur brut (PIB), tandis que l’accès aux marchés internationaux de financement demeure difficile, limitant les marges de manœuvre des autorités pour absorber un choc de cette ampleur.
Des réformes jugées indispensables
Face à ces risques, la Banque africaine de développement recommande une série de mesures destinées à renforcer la résilience de l’économie tunisienne. Elle plaide notamment pour la mise en place de mécanismes de financement rapide afin de répondre aux situations d’urgence, l’accélération des investissements dans les énergies renouvelables afin de réduire la dépendance énergétique du pays, ainsi que la poursuite de la réforme du système de compensation pour mieux cibler les ménages les plus vulnérables.
L’institution appelle également à un renforcement des politiques macroéconomiques afin d’améliorer la capacité de l’économie tunisienne à résister aux chocs extérieurs, dans un environnement international marqué par une volatilité croissante des prix de l’énergie et des matières premières.

KS

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