Cancers Gynécologiques : S’informer pour mieux prévenir et mieux soigner, selon la cancérologue Ines Ben Safta

Des cancers peuvent se développer dans n’importe quelle partie des organes génitaux de la femme, tels que la vulve, le vagin, le col de l’utérus, l’utérus, les trompes de Fallope ou les ovaires. Ces cancers sont appelés cancers gynécologiques. Les cancers gynécologiques sont traités avec un meilleur pronostic lorsqu’ils sont pris en charge rapidement et de manière interdisciplinaire. Les explications du Dr. Inès Ben Safta, cancérologue à l’hôpital Salah-Azaïez,
Univers.news Qu’est-ce que les cancers gynécologiques ?
Ines Ben Safta Les cancers gynécologiques sont des cancers qui touchent l’appareil génital féminin.Le plus fréquent en Tunisie est le cancer du col de l’utérus. Il est presque toujours associé à une infection par le virus HPV (Human papilloma virus, c’est une infection sexuellement transmissible). Il y a aussi le cancer de l’ endomètre (ou corps de l’utérus)et le cancer de l’ovaire. Il existe des cancers plus rares : le cancer de la vulve et du vagin. En Tunisie, ces cancers constituent un problème majeure de santé publique, d’où l’importance d’en connaître les spécificités pour mieux les prévenir et les guérir.
. Quels sont les signes des cancers gynécologiques et comment se fait leur diagnostic ?
Généralement, le signe d’alerte le plus commun est la survenue de saignements anormaux (après la ménopause, entre les règles ou après un rapport sexuel). D’autres symptômes tel que des douleurs pelviennes, des pertes inhabituelles ou des ballonnements abdominaux persistants doivent aussi amener à consulter un médecin. Pour arriver au diagnostic, il faut faire un examen clinique complet par un médecin et une imagerie (comme l’échographie ou l’IRM). Le diagnostic de cancer est confirmé par une biopsie. Elle consiste à prélever un petit fragment de la tumeur pour une analyse histologique.
Le dépistage régulier par frottis ou test HPV permet de détecter des lésions du col avant l’apparition d’un cancer infiltrant du col de l’utérus ou de symptômes.
Quel est l’objectif de votre journée ?
Cette journée de formation a été organisée par la collaboration de la direction régionale de la santé de l’Ariana, le laboratoire de recherche LR24ES10 « Santé Populationnelle, Agresseurs Environnementaux, Thérapies Alternatives » et le service de médecine du travail et des maladies professionnelles de l’Hôpital Abderrahmene MAMI ».Cette journée s’intègre dans un cycle de formation en oncologie destinée aux médecins de première lignes, les médecins en cours de formation mais aussi les sages femmes , les pharmaciens, les infirmièrs et tous ceux qui sont acteurs lors du parcours de soin des patientes.
L’objectif de cette journée de formation est une sensibilisation autour des cancers gynécologiques et de promouvoir le dépistage et la détection précoce. En effet, plus un cancer est pris en charge tôt, meilleures sont les chances de survie. Nous souhaitons aussi renforcer la formation des médecins généralistes et de famille, qui sont en première ligne auprès des patientes. Il est essentiel de rappeler au près du grand public l’importance de la vaccination anti-HPV, du suivi gynécologique régulier et de la réactivité face aux signaux d’alerte.
Comment se fait la prise en charge et leur traitement ?
La prise en charge est personnalisée : chaque cas est discuté lors d’une réunion de concertation pluridisciplinaire entre chirurgiens, oncologues, radiothérapeutes, anatomopathologiste , radiologues et les médecins nucléaires dans un centre expert. Selon le type de cancer et son stade, le traitement peut être la chirurgie (pour retirer la tumeur), la radiothérapie ou la chimiothérapie ou les trois modalités. La prise en charge intègre aussi un accompagnement psychologique et un soutien au patientes pour préserver leur qualité de vie tout au long de leur parcours de soin.
Mohamed Sélim



