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Quand la mammographie permet de dépister le risque cardiovasculaire

Des chercheurs ont mis au point une intelligence artificielle capable de détecter le risque cardiovasculaire des femmes en analysant leurs examens de mammographies. La mammographie pourrait non seulement détecter un cancer, mais aussi contribuer à prédire le risque individuel d’en développer un et fournir des informations sur le risque cardiovasculaire. Une évolution qui dessine le passage d’une logique de dépistage à une véritable prévention personnalisée en santé des femmes.

Selon le cardiologue Dr Faouzi Addad,  »  De récentes études confirment que l’intelligence artificielle (IA) appliquée aux images de mammographie peut aider à identifier ou prédire diverses maladies cardiovasculaire. La mammographie pourrait, grâce à l’intelligence artificielle, nous renseigner aussi sur la santé cardiovasculaire.Une étude publiée dans l’European Heart Journal en mars 2026, portant sur 123 762 femmes, a utilisé l’IA pour quantifier les calcifications des artères mammaires visibles sur les mammographies.Plus ces calcifications étaient importantes, plus le risque d’événements cardiovasculaires ultérieurs était élevé. Un deuxième travail, présenté au congrès européen de cardiologie 2026, a analysé 97 364 mammographies de 29 921 femmes, d’âge médian 54 ans. À partir des images, l’IA pouvait distinguer les femmes ayant une HTA, une maladie coronarienne ou un antécédent d’AVC . Ces résultats ouvrent des perspectives, mais il reste à démontrer qu’une prise en charge guidée par ces outils réduit effectivement les événements cardiovasculaires.

En Tunisie, pourquoi ne pas profiter des campagnes d’Octobre rose pour associer au dépistage du cancer du sein une évaluation du risque cardiovasculaire : tension artérielle, cholestérol, glycémie et tabagisme ? a appelé Dr Addad. « Prendre soin des seins, c’est aussi une occasion de prendre soin du cœur. Nous sommes donc peut-être en train de passer d’une mammographie de dépistage à une mammographie de prévention personnalisée. Et c’est là, à mon sens, que se trouve la véritable révolution : pas dans une compétition entre l’homme et la machine mais dans la possibilité de combiner l’expertise du médecin, la puissance de l’algorithme et les données que nous produisons déjà pour intervenir plus tôt ».

Mohamed Selim

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