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Beurre: quels effets sur notre santé ?

UniversNews (Santé) – Le beurre fait partie du patrimoine culinaire tunisien. C’est 82 % de matières grasses, dont une majorité de graisses saturées. Et ce sont elles qui cristallisent toutes les critiques. Depuis des décennies, elles sont accusées de boucher nos artères, faire grimper le cholestérol et favoriser l’obésité. Mais à l’heure où l’on traque les aliments qui nuisent à notre santé, faut-il s’en méfier ? Pendant longtemps, le message était clair : moins de graisses saturées, moins de maladies cardiaques. Mais ces dernières années, des études sont venues bousculer cette certitude. Une question revient souvent depuis quelque temps : le beurre est-il vraiment mauvais pour notre santé cardio-vasculaire ? A-t-il été diabolisé à tort ?

Dr. Faouzi Addad, cardiologue, précise que d’un point de vue nutritionnel, le beurre contient des acides gras saturés et peut donc, logiquement, contribuer à l’augmentation du LDL-cholestérol. Mais il contient aussi des vitamines A, D, E et K2, qui jouent un rôle intéressant dans plusieurs fonctions biologiques. Alors, que disent vraiment les études scientifiques ? En 2016, une méta-analyse portant sur plus de 600 000 personnes dans 15 pays n’avait pas montré de relation claire entre la consommation de beurre et la mortalité cardio-vasculaire. Une consommation plus élevée était seulement associée à une très légère augmentation de la mortalité totale. L’étude PURE, publiée dans The Lancet, n’avait pas non plus retrouvé de lien direct entre la consommation de graisses saturées et l’infarctus du myocarde ou l’AVC après ajustement sur plusieurs facteurs comme l’éducation, le tabagisme ou le diabète. Plus récemment, une étude publiée dans le JAMA en 2025 a suggéré qu’une consommation élevée de beurre, autour de 13 à 14 g par jour, soit environ une cuillère à soupe, était associée à une augmentation de la mortalité totale, mais pas spécifiquement de la mortalité cardio-vasculaire.

Un point important mérite d’être souligné : dans cette étude, le signal observé concernait surtout les personnes ayant une alimentation globalement de mauvaise qualité. Chez celles ayant un mode alimentaire plus sain, cette association était beaucoup moins évidente. De plus, l’augmentation de la mortalité totale semblait surtout liée à d’autres facteurs associés, notamment un profil plus souvent marqué par l’obésité, le tabagisme et un mode de vie moins favorable.

Que peut-on dire en 2026 ?

Pour Dr. Addad, Il n’existe pas de preuve évidente et solide qu’une consommation modérée de beurre augmente, à elle seule, le risque cardio-vasculaire. En revanche, cela ne veut pas dire qu’il faut en consommer sans limite. Le bon sens reste de mise : un peu de beurre, occasionnellement, dans le cadre d’une alimentation variée et équilibrée, ne semble pas poser de problème majeur. Mais, en pratique, il reste préférable de privilégier les matières grasses de meilleure qualité, en particulier l’huile d’olive, tout en restant modéré sur les quantités. Le beurre n’est probablement ni un poison, ni un aliment protecteur. C’est surtout le contexte alimentaire global qui compte.

Faut-il supprimer le beurre pour vivre plus longtemps ?

Le beurre a aussi des atouts. Malgré sa mauvaise réputation, le beurre apporte aussi de la vitamine A, essentielle pour la vision et le système immunitaire, de  la vitamine D ,précieuse pour la santé osseuse et des oméga-3, en faible quantité, mais qui restent bénéfiques pour le cerveau et le cœur. Surtout, contrairement aux margarines industrielles, il ne contient pas d’acides gras trans, des substances reconnues comme néfastes pour la santé cardiovasculaire.

Le vrai problème n’est pas le beurre en lui-même, mais notre façon de consommer les matières grasses. Plutôt que de le supprimer totalement, mieux vaut le consommer avec modération et varier les sources de lipides en intégrant des huiles végétales riches en oméga-3 (colza, olive, noix), des fruits à coque et de l’avocat et du poisson gras (saumon, sardine, maquereau). (M.S)

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