
UniversNews (SEF) – L’expert en économie Ridha Chkondali a évalué, sur sa page, les principales conclusions du dernier rapport du FMI et les projections du FMI pour la Tunisie en 2026. Selon Chkondali, l’économie mondiale est confrontée à un nouveau choc qui menace sa trajectoire. La reprise a été perturbée par le déclenchement de la guerre. Au Moyen-Orient, fin février 2026, ce choc est survenu dans un contexte de facteurs de croissance favorables, tels que les investissements technologiques, des conditions financières accommodantes et un dollar faible. Cependant, l’impact du conflit a sapé cette dynamique par de multiples canaux, notamment via les marchés des matières premières, les anticipations d’inflation et les conditions financières.
L’impact des prix du pétrole sur la Tunisie
Pour la Tunisie, les projections du FMI en 2026 indiquent que l’économie tunisienne devrait enregistrer une croissance d’environ 2,1 %, un niveau inférieur à la moyenne mondiale de 3,1 % et également inférieur à la moyenne des pays arabes, qui se situe autour de 3,4 %.À l’inverse, l’inflation en Tunisie atteint un niveau élevé de 6,1 %, supérieur à la moyenne mondiale (4,4 %), ce qui témoigne de la vulnérabilité de l’économie tunisienne aux chocs de prix, notamment en raison de son statut de pays importateur d’énergie. Cette disparité est d’autant plus marquée par rapport aux autres pays arabes, en particulier les exportateurs de pétrole, qui bénéficient relativement de la hausse des prix, tandis que la Tunisie supporte le coût de ces chocs sans disposer de réserves budgétaires suffisantes pour les absorber.
Concernant les perspectives économiques, le rapport adopte une prévision de référence, supposant que le conflit soit maîtrisé. La croissance mondiale devrait atteindre 3,1 % en 2026 et 3,2 % en 2027, un ralentissement par rapport au taux d’environ 3,4 % enregistré sur la période 2024-2025, et toujours inférieur à la moyenne historique de 3,7 % sur la période 2000-2019. Les prévisions de croissance pour 2026 ont été revues à la baisse de 0,2 point de pourcentage par rapport aux estimations précédentes. D’autres estimations, antérieures au déclenchement de la guerre, prévoyaient une croissance d’environ 3,4 %, reflétant l’impact direct du conflit sur la performance économique mondiale. Parallèlement, l’inflation mondiale devrait atteindre 4,4 % en 2026 avant de retomber à 3,7 % en 2027, sous l’effet de la transmission du choc par la hausse des coûts de l’énergie et des matières premières.
Des projections conditionnelles
Toutefois, ces projections restent conditionnelles. Le rapport présente des scénarios plus pessimistes dans lesquels la croissance pourrait chuter à 2,5 % et l’inflation atteindre 5,4 %, voire même environ 2 % si la situation s’aggrave, avec une inflation dépassant alors les 6 %. Ceci souligne la vulnérabilité de l’économie mondiale face à l’évolution de la crise. Le rapport met en évidence une nette disparité dans l’impact du choc selon les pays, les économies émergentes et en développement étant les plus touchées, notamment celles qui importent des matières premières. Leurs prévisions de croissance ont été revues à la baisse de 0,3 point de pourcentage pour 2026, tandis que celles des économies avancées sont restées relativement stables. Cette disparité reflète la vulnérabilité de ces économies aux chocs externes, compte tenu notamment de leurs marges de manœuvre budgétaires limitées et de leur niveau d’endettement élevé. En matière de risques, le rapport souligne la prédominance des scénarios pessimistes, avec le risque d’une escalade des tensions géopolitiques en une crise énergétique généralisée, ainsi que d’autres risques liés à l’intensification des différends commerciaux, à la volatilité des marchés financiers et à la hausse des coûts d’emprunt due à l’augmentation de la dette publique. Il met également en évidence les risques liés à la réévaluation des prévisions de bénéfices dans le secteur technologique, notamment compte tenu de sa dépendance croissante à l’énergie. Concernant les politiques économiques, le rapport insiste sur la nécessité de maintenir la stabilité des prix et la stabilité financière, tout en adoptant des politiques monétaires prudentes capables de faire face aux chocs d’offre et des politiques budgétaires circonspectes visant à apporter un soutien temporaire et ciblé aux populations les plus vulnérables. 8. Le rapport souligne également l’importance de renforcer la viabilité budgétaire par la mobilisation des recettes et une meilleure efficacité des dépenses, ainsi que la nécessité d’une coordination internationale et d’éviter des politiques commerciales restrictives susceptibles d’exacerber les déséquilibres économiques mondiaux. (M.S.)



