
Tunis – Univers News. Quinze ans de partenariat, une rupture jugée brutale et une condamnation de 7,2 millions d’euros. Mais rapportée à l’endettement global du groupe, qui dépasse 600 millions de dinars, cette somme apparaît presque dérisoire.
Le Tribunal des activités économiques de Paris a condamné, le 18 juin 2026, Automobiles Citroën à verser 24,375 millions de dinars à Aurès Auto et Aurès Gros, anciens distributeurs tunisiens de la marque.
L’histoire remonte à 2005. Reprise par le Groupe Loukil en 2006, Aurès Auto devient l’un des piliers de son pôle automobile, structuré en 2013 autour de Universal Auto Distributors Holding (UADH). Pendant près de quinze ans, le partenariat avec Citroën permet à la marque de s’imposer parmi les acteurs majeurs du marché automobile tunisien.
Une rupture jugée brutale
Le conflit éclate en 2020.
La justice française a considéré que la rupture du contrat de partenariat et de distribution, notifiée en mai 2020 pour prendre effet au 31 décembre 2020, était brutale. Selon le tribunal, compte tenu de l’ancienneté de la relation commerciale, un préavis de douze mois aurait dû être accordé, contre seulement sept mois effectivement exécutés.
La condamnation s’élève à 19,5 MD au profit d’Aurès Auto et 4,875 MD au profit d’Aurès Gros, soit 24,375 MD au total, auxquels s’ajoutent intérêts et frais de procédure.
Une somme presque dérisoire face aux 600 MD de dette
À première vue, 24,4 MD représentent une condamnation particulièrement lourde. Mais replacée dans la situation financière globale du groupe, la perspective change radicalement.
Avec une dette globale dépassant 600 MD, l’indemnité représente à peine 4 % de cet endettement.
Autrement dit, le montant est spectaculaire sur le plan judiciaire, mais relativement marginal au regard du poids de la dette accumulée par le groupe.
Cette distinction est importante : une condamnation de 24,4 MD peut constituer une victoire juridique significative pour l’ancien distributeur, sans pour autant modifier fondamentalement l’équation financière globale d’un groupe lourdement endetté.
PSA/Stellantis : une responsabilité écartée
Autre élément important du jugement : la justice n’a pas retenu la responsabilité de la holding PSA/Stellantis dans cette rupture contractuelle.
La condamnation concerne donc Automobiles Citroën, tandis que la mise en cause de la holding a été rejetée.
Une affaire qui dépasse Citroën
Au-delà du montant, cette affaire illustre les risques liés aux relations de distribution de longue durée.
Un constructeur peut réorganiser son réseau, mais lorsqu’un distributeur a investi pendant quinze ans pour développer une marque et qu’une dépendance économique s’est installée, la rupture ne peut pas nécessairement être traitée comme une simple fin de contrat.
Pour Aurès Auto et l’ancien pôle automobile d’UADH, la décision constitue donc une reconnaissance judiciaire importante.
Mais face à une dette globale qui dépasse 600 MD, les 24,4 MD obtenus au titre de cette condamnation restent, financièrement, une goutte d’eau dans un océan d’endettement.



