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De la toge aux ministères régaliens… Le parcours exemplaire d’un commis de l’Etat !

UniversNews – Chaque mardi, les lecteurs d’Univers News auront désormais rendez-vous avec une série de portraits consacrés à des personnalités tunisiennes dont les parcours illustrent, à des degrés divers, le sens de l’État, la culture du service public et l’exigence de l’engagement. À travers ces itinéraires singuliers, souvent bâtis dans la discrétion mais marqués par des responsabilités majeures, il s’agit de mettre en lumière des figures dont l’expérience, la constance et la contribution aux institutions offrent des repères inspirants pour les nouvelles générations. Première halte avec le parcours de Ghazi Jeribi, juriste de formation, homme d’État et serviteur des institutions.

Né le 5 décembre 1955 à Tunis, Ghazi Jeribi appartient à cette génération de hauts commis de l’État dont la rigueur du droit public a servi de boussole face aux mutations institutionnelles de la Tunisie.

 Décoré de l’Ordre de la République en 2015, il s’est imposé au fil des décennies comme une figure centrale du droit administratif et du contrôle public, naviguant avec la même précision dans les sphères judiciaire, exécutive et académique.

Titulaire d’un DEA en droit public de l’Université de Paris, il consacre ses premières recherches à l’arbitrage international avant de réintégrer le Tribunal administratif en 1984. C’est au sein de cette institution qu’il forge son profil de légaliste, gravissant tous les échelons, de conseiller adjoint à Commissaire d’État général, développant un attachement viscéral à la régularité des procédures et aux équilibres institutionnels.


​Sa trajectoire l’amène ensuite à diriger le Conseil de la concurrence entre 2001 et 2006, une période marquée par l’ouverture économique du pays, avant de revenir au sommet de la hiérarchie judiciaire en tant que Premier président du Tribunal administratif de 2007 à 2011.

Durant ces années charnières, il cumule des responsabilités stratégiques au sein du Conseil des conflits et du Conseil constitutionnel, s’affirmant comme l’un des architectes de la jurisprudence administrative tunisienne. Après la révolution, son expertise est sollicitée à l’échelle internationale, notamment au sein de la Commission de Venise où il préside la sous-commission du bassin méditerranéen, consolidant ainsi son rôle d’expert en transition démocratique et en État de droit.


​L’entrée de Ghazi Jeribi dans les ministères de souveraineté marque une étape décisive de son service à la nation, particulièrement dans des contextes sécuritaires et politiques délicats.

Après avoir dirigé le ministère de la Défense nationale entre 2014 et 2015, il prend la tête du ministère de la Justice de 2016 à 2018. Durant cette période, il assure également l’intérim du ministère de l’Intérieur en 2018, se retrouvant ainsi au cœur du dispositif régalien de l’État.

Cette double casquette souligne la confiance placée en ce juriste capable de piloter les réformes de la justice tout en garantissant la stabilité intérieure du pays. Parallèlement à ces fonctions, il maintient un engagement académique soutenu, enseignant à l’ENA de Tunis, à l’Académie militaire et à l’École de la magistrature, transmettant ainsi son savoir aux futures élites de l’administration.


​Au-delà de la solennité des palais de justice et des ministères, le parcours de Ghazi Jeribi est indissociable d’un engagement sportif d’élite qui a forgé son caractère.

International tunisien de basket-ball entre 1975 et 1985, puis vice-président de la fédération dans les années 1990, il a puisé dans ce sport une éthique de l’effort et de la décision.

Le basket-ball est une discipline exigeante qui n’admet que très rarement le partage du score ou le match nul ; il impose une issue claire où l’on finit vainqueur ou vaincu.

Pour ce grand commis de l’État, cette philosophie signifie que l’important réside dans l’intégrité de l’engagement : celui qui se bat avec respect pour la règle et dévouement pour son camp sort toujours vainqueur de l’épreuve, quel que soit le résultat affiché au tableau.

 Sa carrière, entre continuité administrative et adaptation aux exigences politiques, reflète cette quête constante d’excellence et de loyauté envers les institutions.

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