« Femmes de tous les combats dans la Tunisie du XXᵉ siècle » de Rym Lajmi : un militantisme pluriel

Tunis – Univers News. Partout dans le monde et quelle que soit la diversité des conditions féminines, les femmes ont toujours des droits à conquérir et à défendre. La célébration de la Journée de la femme tunisienne, qui commémore chaque 13 août l’adoption du Code du statut personnel (CSP) en 1956, est l’occasion de rappeler ce combat constant, quotidien et universel.Un long chemin reste à parcourir pour combattre tous les mécanismes inégalitaires qui se fondent sur une différenciation et une hiérarchisation du féminin et du masculin. Ainsi dans le cadre des journées culturelles estivales « Patrimoines & Mémoires en péril », organisées par le Collectif d’Hammamet Gagne, et sous l’égide du Cercle Messadi, les Éditions Santillana ont organisé samedi 15 août une séance de présentation et de dédicace du nouvel ouvrage de Rym Lajmi, Maître-assistante à la faculté de Manouba: « Femmes de tous les combats dans la Tunisie du XXᵉ siècle » à l’espace Art et culture à Hammamet. La parution de cette publication coïncide avec la célébration de la Journée de la femme tunisienne, qui commémore chaque 13 août l’adoption du Code du statut personnel (CSP) en 1956.
Ce livre, publié au sein de la collection « Tunisie plurielle » dirigée par l’historien Habib Kazdaghli, présente le militantisme politique et l’activisme des femmes en Tunisie durant les périodes coloniale et post-coloniale. Habib Kasdaghli précise que « L’ouvrage décrit les parcours de militantes tunisiennes de diverses confessions, ainsi que de résidentes d’origine italienne et française.Il formule l’hypothèse que le processus d’émancipation féminine dans le pays découle d’une dynamique historique transversale portée par les femmes elles-mêmes tout au long du siècle dernier.L’ouvrage comprend une préface de Silvia Finzi et une postface de Laura Faranda. Mme Finzi est professeure en Civilisation italienne à la Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de la Manouba (Tunis), directrice de la section tunisienne de la Société Dante Alighieri et directrice du bimensuel Il Corriere di Tunisi.Mme Faranda est professeure d’anthropologie à l’Université « La Sapienza » de Rome, spécialisée dans l’histoire des femmes et les questions de genre en Méditerranée.
Rym Lajmi précise que cette étude s’est intéressée à l’activisme de quelques femmes engagées politiquement dans le territoire et pour le territoire où elles vivaient, la Tunisie, pays qui était à l’époque, sous l’occupation française. Elle tente de redécouvrir les moments d’un militantisme pluriel qui a réuni des Tunisiennes d’origine aussi bien musulmane que juive, des « Italiennes de Tunisie » et des « Françaises de Tunisie » qui ont continué à militer et qui ont gardé la mémoire de leur pays d’origine, même après leur départ en Italie ou en France. L’objectif est de mettre en exergue comment le statut identitaire d’origine et l’originalité de la formation de chaque militante ont pu influer sur leur orientation et leur modèle politique … Il s’agit d’histoires, de récits et de parcours de vie relatifs à un activisme politique qui repose sur une idéologie ayant inspiré un projet d’émancipation politique et sociale, visant l’émancipation de la femme, la libération nationale et la réalisation de la justice sociale … Cet ouvrage vise à démontrer que l’émancipation des femmes en Tunisie, n’a pas été uniquement, un don de l’indépendance du pays, mais le fruit d’un long processus révolutionnaire, également initié et mené par les femmes elles-mêmes et a traversé tout le XXème siècle…
Mohamed Néjib



