
UniversNews (NAT) – Devoir de mémoire national célébrant le sacrifice pour la liberté et la souveraineté de la Tunisie, la Fête des Martyrs est fêtée chaque 9 avril pour commémorer les émeutes sanglantes de 1938, réprimées sauvagement par l’occupant français… une étape clé vers l’indépendance contre le protectorat français. Cette journée fériée honore la mémoire des Tunisiens tués lors de manifestations pour un parlement tunisien, marqués par des cérémonies officielles à Sijoumi.
Le 9 avril 1938, alors que depuis plusieurs semaines des manifestations populaires réclamaient des réformes politiques, notamment l’institution d’un parlement, un mouvement spontané de la jeunesse a pris de court les forces de police qui ont tiré dans la foule. Le bilan est lourd : on relève 22 morts et près de 150 blessés, la majorité d’entre eux n’avaient qu’une vingtaine d’années, trois étaient des enfants. C’est le souvenir des victimes de cet événement tragique qu’entretient chaque année la Journée des Martyrs, jour férié et chômé depuis 1957. Le lendemain, le leader Habib Bourguiba et douze de ses camarades, dirigeants du parti Néo Destour, sont arrêtés, ainsi que des milliers d’autres. Le parti est dissous, la presse nationaliste interdite… L’état de siège durera plusieurs mois.
C’est sur le site de Sijoumi que sont enterrés les militants nationalistes à partir de l’affaire du Djellaz (1911). La Fête des martyrs y est célébrée chaque 9 avril. En 2001, un Musée de la mémoire nationale y a été inauguré, symboliquement le 9 avril. Il est situé au rez-de-chaussée du mémorial érigé à la mémoire des résistants exécutés sur les lieux mêmes par les autorités coloniales françaises entre 1941 et 1954.



