
UniversNews – Entre rigueur académique et pragmatisme de terrain, le gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie (BCT) Fethi Zouhair Nouri incarne une volonté de transformation. Portrait d’un homme de dossiers qui tente de concilier la lutte contre l’inflation et l’impératif de relance économique.
Fethi Zouhair Nouri s’impose aujourd’hui comme l’architecte de l’équilibre au sommet de la Banque Centrale de Tunisie, incarnant une alliance entre la rigueur académique et le pragmatisme de terrain. Si son nom résonne désormais dans les hautes sphères financières, c’est d’abord dans les amphithéâtres qu’il a bâti sa réputation.
Professeur des Universités depuis 1990, notamment à la FSEGT et à l’ESSECT, il n’est pas un technocrate déconnecté des réalités mais un expert de référence, particulièrement reconnu pour sa maîtrise des dossiers énergétiques.
Ce socle intellectuel lui confère une légitimité pour piloter l’institution monétaire dans une période de mutations profondes.
Sa nomination en 2024 n’est pas un saut dans l’inconnu, mais l’aboutissement d’une immersion totale dans les rouages de l’État.
En siégeant au Conseil d’administration de la BCT dès 2016, il a pu observer de l’intérieur les mécanismes de la « Grande Maison » avant d’en prendre les commandes.
En siégeant au sein d’instances stratégiques aux missions complémentaires, telles que le Conseil d’analyse économique, le Conseil du marché financier et le Conseil économique et social, il a forgé une expertise à 360 degrés de l’écosystème national. Cette polyvalence institutionnelle lui permet aujourd’hui d’opérer une synthèse indispensable entre des mondes souvent cloisonnés : il possède la technicité nécessaire pour décrypter les fluctuations de la finance de marché, la hauteur de vue requise pour piloter l’analyse macroéconomique globale, et une sensibilité aiguë aux enjeux sociaux qui conditionnent la réussite de toute réforme.
Le logiciel de pensée de Fethi Zouhair Nouri repose sur quatre piliers stratégiques qui définissent sa vision de la souveraineté monétaire.
Le premier reste la stabilité, avec une vigilance absolue sur l’inflation et la solidité du dinar afin de protéger le pouvoir d’achat des Tunisiens.
Toutefois, cette rigueur s’accompagne d’une agilité prudente : il prône un assouplissement monétaire ciblé pour redonner de l’oxygène à l’activité économique sans pour autant nourrir la spirale des prix. Pour lui, la monnaie doit être au service du réel, ce qui implique une réorientation massive des flux financiers vers l’investissement productif, véritable moteur de création de valeur et d’emplois.
Au cœur de sa gouvernance, Fethi Zouhair Nouri prône une approche pragmatique qui rompt avec une vision strictement isolée de l’indépendance monétaire. Dans un contexte national marqué par de fortes attentes de la part de l’exécutif pour une politique plus accommodante, il défend la nécessité d’une coordination étroite et réfléchie entre la politique monétaire et la politique budgétaire. Pour le gouverneur, la stabilité ne peut être le fruit d’une action solitaire de la Banque Centrale, mais doit résulter d’une coopération harmonieuse avec le gouvernement afin d’aligner les leviers financiers de l’État sur les objectifs de maîtrise de l’inflation.
Enfin, le gouverneur prépare le système bancaire aux défis du futur en l’ouvrant à de nouveaux modèles, notamment la finance verte, devenue indispensable pour répondre aux enjeux climatiques.
Dans son style caractéristique, marqué par la discrétion et l’efficacité, cet homme de dossiers préfère le poids des résultats au bruit des annonces. À la fois pédagogue et décideur, il navigue avec sérénité entre la gestion de la dette et la nécessité de financer l’innovation, relevant le défi de transformer une économie de résilience en une économie de croissance durable.
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