
UniversNews (SEF) – La situation prend des ampleurs des plus inquiétantes, sauf que les pouvoirs publics semblent ne pas craindre le phénomène, avec la possibilité qu’ils puissent mettre fin à cette montée vertigineuse du cash en circulation. L’économie tunisienne reste dominée par les transactions en espèces malgré le développement du paiement mobile. La Tunisie accélère sa transition vers les paiements digitaux, mais dans les commerces de proximité et les marchés traditionnels, le cash reste encore le mode de règlement dominant. Aujourd’hui, les portefeuilles électroniques gagnent des millions d’usagers, mais la plupart des transactions quotidiennes continuent de passer par la monnaie physique. Ce décalage met en évidence une transformation en cours, mais encore freinée par des habitudes solidement installées.
Face à l’augmentation, Fethi Zouheir Nouri, Gouverneur de la banque centrale de Tunisie BCT), a souligné lors de la troisième édition du Global Money Week, organisée lundi 6 avril à Tunis par l’Observatoire de l’Inclusion Financière significative de la circulation fiduciaire, la nécessité de renforcer la stratégie nationale de decashing et d’encourager l’adoption des paiements électroniques et digitaux. «L’éducation financière doit accompagner les citoyens dans la compréhension et l’usage des nouveaux services financiers et créer un climat de confiance entre les parties prenantes », a-t-il insisté, tout en rappelant que la promotion de l’éducation financière ne peut être l’affaire d’une seule institution. Elle doit être portée par l’ensemble des acteurs publics et privés, en synergie avec le grand public et les partenaires internationaux.
Il est vrai que malgré l’explosion des comptes de paiement mobile, le cash reste omniprésent dans l’économie. Les données de la circulation fiduciaire montrent que la monnaie physique continue de circuler à un niveau élevé, poussée par des facteurs économiques, culturels et comportementaux. Même si les Tunisiens utilisent de plus en plus leur téléphone pour régler des factures ou transférer de l’argent à un proche, les commerçants de proximité préfèrent encore recevoir des dinars dans la main plutôt que des paiements électroniques, souvent perçus comme moins visibles ou plus complexes à traiter pour des petites sommes quotidiennes. (M.S)



