
Tunis, UniversNews (NAT) – Mohamed Dhouib, docteur en histoire contemporaine de la Tunisie, a fait une analyse judicieuse et très pondérée de la situation à Gabès, en mettant sur la balance, ce qui peut advenir, avec les revendications actuelles et mettre tout le monde devant sa responsabilité. La vérité fait, parfois, plus de mal que de bien, et la réalité de la situation nous met devant un choix difficile… que certains le veuillent ou non… surtout que le résultat fait courir beaucoup de risques au pays, avec la possibilité de l’installation d’une zizanie entre les enfants de la même région !!!
Dr Dhouib a souligné que le démantèlement des unités du Groupe chimique tunisien (GCT), à Gabès, constitue une mesure grave et dangereuse qui menace la stabilité de la région et la vie de milliers de familles. La ville de Gabès a été fondée et structurée autour de ce complexe en 1972, et celui-ci est devenu partie intégrante de son tissu économique, social et urbain.
Par conséquent, son démantèlement entraînera l’effondrement de tout la chaine et le système économique local, ainsi que de ceux de Gafsa, Sfax et Skhira, partant du fait que ce complexe constitue un maillon fondamental de la chaîne de production, de transport et de traitement du phosphate.
Environs 8000 postes d’emploi permanents
En plus, le démantèlement des unités entraînerait le chômage de milliers d’employés du secteur, cadres et ingénieurs compris –environ 8 000 travailleurs permanents-, auxquels s’ajouteraient des milliers de travailleurs occasionnels et contractuels. Cela ouvrirait la voie à des manifestations sociales généralisées susceptibles de dégénérer en affrontements entre ceux qui ont perdu leurs moyens de subsistance et ceux qui réclament le démantèlement.
Dhouib a, aussi, insisté sur le fait que le droit à un environnement sûr et sain à Gabès peut être réalisé par la réforme, la réhabilitation et le recyclage, et non par le démantèlement, car la démolition du complexe signifierait à terme le démantèlement de la ville de Gabès elle-même, ainsi que de Gafsa, Skhira et Sfax.
Pour sa part, Samir Gazbar, expert et spécialiste de l’environnement industriel, juge que l’arrêt du déversement de phosphogypse dans la mer de Gabès permettrait le rétablissement de son équilibre écologique en seulement un an, en raison de la force des marées qui la caractérise.
Il faudrait procéder au nettoyage de la zone contaminée par le phosphogypse qui s’étend sur environ 3 km au large des plages de Chatt Essalam et de Ghannouche, a-t-il indiqué, soulignant que cette opération nécessiterait deux à trois ans de dragage, sachant que le volume total de phosphogypse déversé depuis la création du Groupe Chimique Tunisien (GCT) est estimé à 200 millions de tonnes.
L’arrêt définitif serait la solution ??!!!
Concernant l’option d’un arrêt temporaire du déversement et le stockage du phosphogypse dans des bassins, Gazbar a estimé que cette solution « est techniquement irréalisable », dans la mesure où près de 15 mille tonnes de cette matière sont rejetées chaque jour dans la mer.
Quant à la valorisation du phosphogypse, elle ne concernerait qu’une quantité limitée, sans pour autant résoudre durablement le problème environnemental, a-t-il ajouté.
« La seule et unique solution sérieuse et durable consiste à démanteler les unités industrielles polluantes du GCT, lesquelles ont causé d’importants dégâts à l’investissement industriel et aux autres secteurs de développement dans la région, du fait de la pollution du milieu naturel et du rejet de plus en plus fort de la population locale à leur égard », d’après l’expert.
Il a également déploré la vétusté des installations du Groupe Chimique Tunisien, qui « ne respectent pas les normes environnementales, témoignant de l’incapacité de l’entreprise à se conformer aux standards requis », a-t-il conclu.
Tout le monde est entre l’enclume et le marteau… surtout que la région n’existe que grâce à la production, le traitement et la transformation du phosphate qui battent de l’aile, depuis cette maudite révolution. Des milliers de postes d’emploi dépendent de l’existence de cette industrie… et il y a, même, certains qui tirent des bénéfices, sans travailler, en percevant des salaires sans rien faire. Toutefois, on ne peut pas oublier, aussi, que des responsables politiques et administratifs ont pris des engagements… sans les avoir respectés, laissant la situation pourrir d’une manière irréversible !!!



