
UniversNews (CULT) – Le cinéma tunisien affiche sa participation à la compétition officielle de la septième édition du Festival international du film et de l’art africains et caribéens « L’Afrique Fait Son Cinéma » (Afsc) qui se tient à Paris du 10 au 20 décembre 2025, à travers deux films : « The Devil’s Seed » (zeriat Iblis) de Mohamed Khalil Bahri et « Le Silence du Berger » de Marwane Trabelsi.
Le long métrage « The Devil’s Seed » fait partie d’une sélection de 13 œuvres en lice pour le Prix Ubuntu d’Or, une compétition des longs métrages fiction regroupant des récits poignants et des thrillers haletants explorant l’âme humaine sous toutes ses facettes.
Considéré comme le deuxième film tunisien d’horreur et de suspense après « Dachra » d’Abdelhamid Bouchnak, le film de Mohamed Khalil Bahri est présenté par le festival comme une œuvre forte qui bouscule tabous et traditions autour d’une pratique controversée censée « protéger » les jeunes filles avant la puberté : un rituel de sorcellerie à visée préventive, utilisé pour les préserver. « The Devil’s Seed » plonge au cœur de cette réalité troublante, mêlant croyances ancestrales, exorcisme, religion et science. L’histoire suit Baya, une femme tourmentée par un esprit malveillant qui prend l’apparence d’un amant décidé à l’épouser. Entre possession, oppression et lutte intérieure, son combat soulève des questions profondes : Qui contrôle le corps des femmes ? Où s’arrête la tradition et où commence la violence ? Que vaut la science face aux croyances enracinées ?
Quant au film « Le Silence du Berger », court-métrage documentaire de Marwane Trabelsi retenu dans la catégorie documentaire, il met en lumière les transformations psychologiques et sociales traversant la société tunisienne à travers la symbolique du couteau à Nabeul : un objet porteur d’une valeur religieuse utilisé dans l’abattage rituel des animaux, devenu, entre les mains de certains courants extrémistes, une arme dirigée contre des êtres humains. L’œuvre revient notamment sur le drame de l’assassinat du jeune berger Mabrouk Soltani en 2015.
Ce film figure dans la sélection officielle des documentaires dédiée aux œuvres qui portent un regard unique sur la société : identités, mémoires, résilience des communautés, portraits intimes, mémoire des territoires et défis contemporains.
Mettant à l’honneur le meilleur de la production cinématographique africaine et caribéenne, le festival propose cette année un voyage à travers 65 films issus de 32 pays, entre fictions, documentaires, longs et courts, auxquels s’ajoutent un programme de masterclass et des tables rondes, sans oublier le Marché international du film et de l’art, véritable carrefour de rencontres pour les créateurs, les producteurs et les passionnés d’art.



