
UniversNews (SEF) – Sans surprise majeure, le Conseil d’Administration de la Banque Centrale de Tunisie (BCT) a décidé de maintenir son taux directeur inchangé à 7,00 %. Une décision qui s’inscrit dans une logique de prudence, alors que l’inflation montre des signes d’accalmie, mais que les équilibres macroéconomiques restent fragiles.
Inflation : une accalmie, mais des signaux à surveiller
Sur le plan national, l’inflation a légèrement reculé à 4,8 % en janvier 2026, contre 4,9 % au cours des trois mois précédents. Cette détente s’explique principalement par :
- Le ralentissement des prix administrés (0,6 % contre 0,8 % en décembre 2025), dans un contexte de gel maintenu des principaux tarifs publics.
- La décélération des prix des produits alimentaires frais (10,3 % contre 11,2 %), soutenue par une amélioration de l’offre.
Toutefois, un élément attire l’attention : l’inflation sous-jacente –hors produits frais et prix administrés– poursuit sa remontée graduelle, atteignant 4,9 % en janvier, après un creux de 4,3 % en septembre 2025. Cette évolution s’explique notamment par la dissipation de l’effet de base favorable lié à la chute des prix de l’huile d’olive l’an dernier. Autrement dit, si l’inflation globale ralentit, les tensions de fond persistent.
Contexte international : statu quo généralisé
À l’échelle mondiale, la modération de l’inflation se poursuit, malgré un léger redressement des matières premières. Face aux incertitudes commerciales et géopolitiques, les grandes banques centrales ont elles aussi opté pour le statu quo monétaire.
La BCT s’inscrit ainsi dans un mouvement global de prudence, évitant toute décision hâtive dans un environnement encore instable.
Secteur extérieur : déficit courant en hausse, mais réserves en amélioration
L’année 2025 s’est clôturée sur un déficit courant de -4.350 MDT (-2,5 % du PIB), contre -2.576 MDT (-1,6 % du PIB) en 2024. Ce creusement reflète l’aggravation du déficit commercial, malgré la bonne tenue des recettes touristiques et des revenus du travail.
En revanche, les réserves en devises affichent une amélioration notable. Elles atteignent 25,8 milliards de dinars (109 jours d’importation) au 10 février 2026, contre 23,3 milliards un an auparavant. Un signal rassurant sur la liquidité extérieure du pays.
Une stratégie claire : accompagner la désinflation
Pour le Conseil, la priorité demeure la consolidation du processus désinflationniste afin de ramener l’inflation vers sa moyenne de long terme. En maintenant le taux directeur à 7 %, la BCT envoie un message clair :
- La lutte contre l’inflation n’est pas terminée, mais elle entre dans une phase de stabilisation maîtrisée.
- La question reste désormais ouverte : à quel moment la BCT pourra-t-elle envisager un assouplissement monétaire sans compromettre les équilibres fragiles en cours de reconstruction ?
Pour l’instant, la Banque Centrale choisit la stabilité. Une stabilité qui se veut stratégique, dans un environnement économique encore traversé par des incertitudes internes et externes.



