Maroc: Préparatifs en cours pour… la succession de Mohammed VI??!!!

UniversNews (MONDE) – Le Royaume du Maroc a connu des événements marquants ces derniers jours, porteurs de messages politiques significatifs, même s’ils émanent du domaine militaire. Le Palais Royal a annoncé la nomination du Prince héritier Hassan au poste de « Coordinateur général de l’Armée royale ». Cette nomination s’inscrit dans le cadre des préparatifs visant à assurer une transition harmonieuse du pouvoir du Roi Mohammed VI à son fils, le Prince Hassan, et prend également en compte la santé déclinante du Roi –un déclin auquel les Marocains se sont habitués au fil des ans- qui semble aujourd’hui s’être aggravé. Il est devenu nécessaire d’envisager de créer les conditions les plus favorables à l’accession au trône du Prince héritier et à la prise de fonction.
La décision de Mohammed VI de réformer en profondeur l’appareil militaire reflète les priorités actuelles du Royaume du Maroc. Une comparaison entre le contexte actuel et celui des préparatifs du départ d’Hassan II au début du millénaire permet de mieux appréhender les enjeux de la phase actuelle du point de vue de la monarchie marocaine.
L’expérience de l’alternance
Hassan II s’était concentré sur la sphère politique et avait instauré l’expérience de l’alternance, car les partis politiques étaient actifs, influents et en rupture déclarée avec le palais royal. Cette situation aurait pu compliquer la tâche de Mohammed VI, peu enthousiaste à l’idée de gouverner et donc peu versé dans les rouages du pouvoir. La formule d’Hassan II s’est avérée remarquablement efficace. Les partis furent de fait « dissous » dans un jeu politique contrôlé par le palais royal, appuyé par les solides institutions de l’État, jusque dans les moindres détails.
Un quart de siècle de règne s’est écoulé sans problèmes majeurs. De plus, le manque d’engagement total de Mohammed VI dans l’exercice du pouvoir n’a pas empêché le Maroc de réaliser un bond remarquable sur le plan économique et de renforcer son rôle régional. Bien entendu, on ne peut comprendre les aspects les plus importants de la situation marocaine sans aborder la question du Sahara occidental et le conflit en cours avec l’Algérie voisine, ainsi que le véritable centre du pouvoir au sein du Royaume du Maroc.
La question du Sahara occidental a occupé une place prépondérante ces dernières années et, ces derniers mois, est devenue un enjeu diplomatique majeur, notamment un levier de négociation pour la diplomatie américaine et rien n’indique que Washington souhaite un véritable règlement du conflit du Sahara occidental, ce qui correspond à la tendance des États-Unis à transformer les zones de tension en instruments de « chantage » politique et économique.
Le Maroc, aligné sur Washington et l’Europe occidentale depuis des décennies, a répondu aux intentions américaines en menant une politique d’armement intensif, en accordant une influence, certes modeste, à l’establishment militaire, et en normalisant ses relations avec Israël et en s’engageant dans sa politique.
Dépendance extrême envers Washington et Tel Aviv
L’objectif de cette dépendance extrême envers Washington et Tel-Aviv, conjuguée à la course aux armements, est d’étrangler l’Algérie, qui en est parfaitement consciente et rivalise désormais avec Rabat tant pour l’acquisition d’armements que pour s’attirer les faveurs des États-Unis. Le second facteur à ne pas sous-estimer concernant le Maroc est l’identification du véritable centre du pouvoir : les couloirs du palais royal. Mohammed VI compense son « absence » en s’appuyant sur des conseillers, notamment Fouad Ali El Himma, connu des Marocains comme l’« adjoint du Roi » ou « assistant du Roi », et qui prendrait les décisions les plus importantes, dont la nomination de son fils Hassan au poste de « coordinateur général des forces armées royales ». La famille royale compte également ses propres figures et joue un rôle spécifique, et cette nouvelle nomination semble être un message du Roi signifiant la fin d’une période de relative liberté au sein de la famille et le règlement définitif de la question du prince héritier.
Dans ce contexte, des sources proches des affaires marocaines indiquent que la mère du prince héritier est revenue résider dans l’un des palais royaux les plus importants de Rabat et qu’elle apparaît presque quotidiennement avec le prince héritier lors de promenades à pied ou à vélo, ce qui témoigne de son rôle et de son influence sur lui. À l’inverse, les déplacements et les communications du prince Rachid ont été restreints en raison de la lutte de pouvoir qui agite la famille royale ces derniers mois concernant la succession de Mohammed VI.
Inquiétude quant aux « failles » humaines
La nomination du prince héritier Hassan au poste de « Coordonnateur général des Forces armées royales » soulève des inquiétudes quant aux « failles » humaines que même les équipements les plus sophistiqués ne peuvent masquer. La disparition de deux soldats américains lors des récents exercices « African Lion », imputée par les États-Unis à une erreur de la partie marocaine dans la transmission de coordonnées erronées, en est un exemple. Il convient également de noter qu’un incident similaire s’est produit lors de ces mêmes exercices l’année dernière, entraînant la mort d’un soldat marocain. Ce manque de préparation optimale est aggravé par la publication d’informations, par le groupe de cybercriminels « Jabrout », concernant la corruption au sein de l’état-major de l’armée royale.
Ces informations sont confuses, notamment en raison de la persistance des activités du groupe « Génération Z ». Cela laisse penser que les dispositions post-Mohammed VI se déroulent en apparence sereinement, mais que des tensions sous-jacentes subsistent, même si leur impact supposé est limité.



