Mohamed Nekhili , expert financier et bancaire : Beaucoup se sont inscrits sans vérifier au préalable s’ils remplissaient les conditions d’octroi du crédit sur l’honneur

Le crédit d’honneur est un financement à 0% d’intérêt et sans garanties, opérationnel depuis le 1er octobre 2026 via les plateformes numériques des banques. . 1 14 300 particuliers et 2 860 moyennes entreprises sont éligibles à ces prêt d’honneur sans intérêt allant jusqu’à 5 000 dinars pour les particuliers, 10 000 dinars pour les propriétaires de micro-entreprises (dont les investissements n’excèdent pas 150 000 dinars) et 25 000 dinars pour les micro, petites et moyennes entreprises (MPME) et les sociétés privées, avec un différé de remboursement de six mois. Depuis le 1er octobre, les plateformes bancaires sont prises d’assaut. Pourquoi ce grand rush ? .Les explications de Mohamed Nekhili, expert financier et bancaire
Univers.news : Comment expliquez-vous l’afflux massif sur la plateforme dès le premier jour ?
Mohamed Nekhili : Cet afflux s’explique par plusieurs facteurs : · Un besoin réel et urgent de liquidités .Le pouvoir d’achat est fortement impacté, et ce prêt sans intérêt, sans garantie et sans frais représente une opportunité rare. · C’est un effet d’annonce médiatique massif . L’engouement a été amplifié par la communication autour du dispositif. C’est aussi dû à la simplicité du dépôt en ligne .La plateforme permet une inscription rapide, ce qui a encouragé un grand nombre de personnes à tenter leur chance, même sans être éligible. Un effet de panique ou de « premier arrivé, premier servi » .Beaucoup ont craint que l’enveloppe ne soit épuisée rapidement, d’où un rush dès l’ouverture. Il faut noter que le nombre d’inscrits ne reflète pas le nombre d’éligibles réels. Beaucoup se sont inscrits sans vérifier au préalable s’ils remplissaient les conditions.
Les clients n’étaient pas en mesure de fournir immédiatement les documents exigés. À qui la faute ?
Le dispositif a été annoncé depuis au moins juillet, ce qui laissait un délai raisonnable pour préparer les documents (relevés bancaires, justificatifs de revenus, etc.). Beaucoup ne l’ont pas fait, soit par méconnaissance, soit par négligence. · Du côté de la communication : les conditions et les pièces à fournir n’ont pas toujours été expliquées clairement en amont.
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Les banques pourront-elles appliquer un principe d’égalité stricte concernant l’accès à ce prêt, dans la mesure où chacune applique ses propres conditions ?
Oui, une application stricte du principe d’égalité est possible, même s’il subsiste une légère différence entre les banques concernant les règles d’octroi. Cette différence reste toutefois harmonisée et encadrée. Voici comment :
· Des règles d’octroi harmonisées : bien que chaque banque puisse avoir une légère marge d’appréciation, les critères fondamentaux sont identiques pour toutes : ancienneté minimale de 3 mois, capacité de remboursement, domiciliation des salaires pour les salariés, revenus bancarisés pour les indépendants. Ces règles sont harmonisées au niveau central, ce qui garantit un traitement équitable.
· Une plateforme harmonisée : les plateformes dédiées ont été conçues pour assurer la traçabilité des dépôts. Même si certaines ne font que réceptionner la demande (avec dépôt des documents en agence sous 5 jours) et d’autres permettent l’injection directe des documents, l’ensemble du processus reste encadré et harmonisé. L’objectif est de garantir que chaque demande est traitée selon les mêmes règles de priorité.
· Traitement par ordre de priorité : le traitement se fait par ordre d’arrivée. Le premier à avoir déposé sa demande sera traité en premier, à condition d’être éligible. Cette règle s’applique à toutes les banques, ce qui consacre une égalité stricte dans le traitement.
· Application stricte des critères : une fois les règles harmonisées, leur application doit être stricte. Aucune banque ne devrait pouvoir ajouter des critères discrétionnaires ou privilégier ses propres clients. Les conditions étant harmonisées, l’égalité de traitement est garantie.
· Transparence et contrôle : l’harmonisation des règles et des plateformes permet un contrôle centralisé et une communication homogène sur les pièces à fournir et les délais.
Comment se fera le remboursement de ces prêts ?
Le remboursement est encadré de manière uniforme . La durée est de 24 mois avec un report possible : jusqu’à 6 mois, à la discrétion de la banque, selon le cas. La période de grâce est sans intérêt, sans commission, sans frais supplémentaires et sans garantie. Le remboursement par échéances mensuelles, se fera généralement par prélèvement automatique sur le compte bancaire du bénéficiaire. Les plateformes assurent la traçabilité des dépôts .Le traitement se fait par ordre de priorité, une fois l’éligibilité confirmée. Aucun coût additionnel, aucun intérêt, aucune commission, aucun frais de dossier ni garantie exigée. Le client rembourse progressivement sur 24 mois, avec une possibilité de différé de 6 mois maximum, sans aucun coût additionnel.
Mohamed Sélim



