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Sahara : quand la diplomatie se retire, la poudre guette… !!??

Par Mustapha MACHAT

UniversNews (EDITO) – Pour la première fois depuis 1991, la mission de l’ONU au Sahara occidental se retrouve sans mandat. Un veto russe, suivi d’un contre-veto américain, a fait voler en éclats le rituel onusien. Dans un désert où le cessez-le-feu n’est plus qu’un souvenir, une question s’impose : les armes vont-elles prendre le relais de la diplomatie ?

Il est des votes qui, sous des airs de procédure, changent la nature d’un conflit. Celui du vendredi 30 octobre 2026 au Conseil de sécurité est de ceux-là. Le projet américain de renouvellement de la MINURSO a recueilli onze voix pour et trois abstentions, celles de la Chine, du Pakistan et de la Somalie. Une majorité confortable, mais inutile : la Russie a brandi son veto. Quelques heures plus tard, Washington lui a rendu la monnaie de sa pièce en bloquant le contre-projet russe. Le 31 octobre à minuit, la mission créée il y a trente-cinq ans pour organiser un référendum s’est retrouvée sans base juridique.

Ce renouvellement annuel, longtemps préparé au sein du Groupe des amis du Sahara occidental, relevait de la formalité. Cette année, il a viré au bras de fer entre grandes puissances.

Au cœur de la discorde, une question de vocabulaire qui n’a rien d’anodin. Le texte américain prolongeait la mission jusqu’en octobre 2027, mais la rebaptisait « MINUSO », effaçant au passage le mot « référendum ». Il consacrait aussi le plan d’autonomie marocain comme base des négociations, dans le prolongement de la résolution adoptée un an plus tôt.

Pour Moscou, c’en était trop. L’an dernier, la Russie s’était contentée de s’abstenir pour ne pas priver la région de la présence onusienne. Cette fois, elle a refusé d’entériner ce qu’elle qualifie de « propositions unilatérales » et d’enterrer l’autodétermination par un simple changement de sigle. Le Kremlin a choisi de ménager son partenaire historique algérien. À Rabat, la frustration est à la mesure des espoirs suscités ; à Alger, on salue un coup d’arrêt ; à Paris et à Londres, on déplore le veto.

La crainte d’un retour aux armes n’est pas une vue de l’esprit. La trêve de 1991 n’existe plus depuis novembre 2020 : après l’intervention marocaine à Guerguerat, le Front Polisario a proclamé la fin de son engagement au cessez-le-feu. Depuis, une guerre de basse intensité se déroule le long du mur de défense, faite de tirs sporadiques et de frappes de drones. Une guerre sans images, presque sans témoins.

Presque, car la MINURSO était justement ce témoin. Ses observateurs, aussi critiqués soient-ils pour leur impuissance, constataient les incidents et maintenaient un canal avec les deux parties. Sans eux, le terrain perd son arbitre et sa soupape. Au Polisario, l’argument de la lutte armée gagnera en audience : si l’ONU ne garantit plus l’horizon du référendum, pourquoi continuer à jouer le jeu diplomatique ?

Pour autant, il serait hâtif de conclure que le désert va s’embraser. Le rapport de force militaire penche nettement en faveur du Maroc, protégé par son mur de sable et doté d’une supériorité aérienne et technologique. Une offensive d’envergure serait coûteuse et sans perspective de gain.

Une guerre ouverte supposerait aussi l’implication directe de l’Algérie, qui mène sur ce dossier une bataille avant tout diplomatique et n’a aucun intérêt à un affrontement frontal aux conséquences imprévisibles pour tout le Maghreb et un Sahel déjà déstabilisé. Enfin, le double veto a révélé que personne ne souhaite vraiment la disparition de la présence onusienne : Moscou veut la préserver, Washington voulait la transformer, non la supprimer. Un compromis technique, de courte durée, reste possible.

Le Sahara occidental entre donc dans une zone grise : ni guerre déclarée, ni paix garantie. Le scénario le plus probable reste celui d’une montée des tensions et d’accrochages plus fréquents, plutôt qu’un embrasement généralisé. Tout dépendra de la capacité du Conseil de sécurité à se ressaisir dans les prochaines semaines.

Car l’histoire enseigne une leçon simple : lorsque la diplomatie se retire, ce ne sont pas les grandes puissances qui paient le prix, mais les populations. Le veto russe n’a pas tranché la question du Sahara ; il a rappelé qu’aucune solution ne peut être imposée par une seule capitale. Reste à savoir si le silence de l’ONU sera comblé par le dialogue… ou par le bruit des armes….!!???

En attendant le verdict des prochains jours , nous refusons catégoriquement ce bruit ….
WAIT…AND SEE….!!??

Mustapha Machat

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