Terre de thym, terre de jasmin, de Houda Mejdoub, à l’espace Jeelen

L’écrivaine Houda Mejdoub sera l’invitée de Nabeul book club à l’espace Jeelen pour la présentation de son deuxième roman « terre de thym, terre de jasmin » Ce roman, souligne, l’auteure , est le second volet d’Écoute-moi ma fille. On y retrouve Inès. Mais elle n’est plus tout à fait la même. « Après avoir traversé ses propres fractures, ses silences, ses blessures intimes, Inès délaisse peu à peu la vacuité des conflits personnels pour embrasser une cause plus vaste, plus urgente, plus vraie. Son chemin l’éloigne des tourments individuels pour la confronter à une douleur collective — celle d’un peuple, celle d’une terre meurtrie. Gaza. Ce livre naît dans un monde saturé d’images et de discours, où la guerre risque de devenir un décor, presque une habitude. Nous avons vu des voix contester la légitimité d’une lutte. Nous avons entendu railler les élans de solidarité. Nous avons même observé l’indignation se fatiguer. Ce roman est ma manière de refuser cette fatigue. Certes, il est une goutte dans un océan de tumulte. Mais peut-être peut-elle empêcher l’indifférence de gagner tout à fait. Camus ne dit- il pas que » la littérature empêche les hommes d’être indifférents envers les hommes » ? Or, le flux vertigineux des images de cette guerre, si insoutenables qu’elles soient, risquent de banaliser ce meurtre au quotidien. Seul L’ÉCRIT m’a semblé en mesure de témoigner vraiment de l’horreur, d’en rendre réellement compte pour la génération actuelle et celle de demain. Ce livre ne prétend pas expliquer le monde. Il tente simplement de préserver une chose fragile : notre capacité à nous émouvoir, à nous indigner, à rester humains.S’il parvient à éveiller ne serait-ce qu’une conscience, il aura trouvé sa raison d’être »
Mohamed Sélim



