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Téhéran dément «les allégations»… et ridiculise le président US!!!

* Sept affirmations lancées en une heure par Trump, et autant de démentis cinglants en six points

UniversNews (MONDE) – Douze heures après les quatre-vingt-quatorze minutes, le président du Parlement iranien a répliqué en publiant une contre-signature en six points sur son compte X. Le premier point à lui seul fixe le cadre. Le président des États-Unis a formulé sept affirmations en 94 minutes, toutes fausses.

​C’est Mohammad Ghalibaf, négociateur en chef de l’Iran lors du cycle d’Islamabad au début du mois, qui publie ce message en persan pour attaquer point par point le blitz de quatre-vingt-quatorze minutes du président américain.

​Voici ce qu’il a écrit. La numérotation est la sienne :

​1- Le président des États-Unis a avancé sept allégations en une heure, et chacune de ces sept allégations était mensongère.

2- Avec ces mensonges, ils n’ont pas remporté la victoire dans la guerre et ils n’y parviendront certainement pas non plus dans les négociations.

3- Avec la poursuite du blocus, le détroit d’Ormuz ne restera pas ouvert.

​4- La navigation dans le détroit d’Ormuz se fera selon le «corridor désigné» et avec «l’autorisation de l’Iran».

 5- L’état d’ouverture ou de fermeture du détroit et les règlementations qui le régissent seront déterminés par le champ de bataille, et non par les réseaux sociaux.

​6- La guerre médiatique et l’ingénierie des opinions publiques constituent une partie importante de la guerre, et la nation iranienne n’est pas influencée par ces tromperies.

​Lisez maintenant ces points au regard de la chronologie de Trump que nous avions documentée il y a quelques heures.

Le point 3 répond au message de 10h40, où Trump affirmait que l’Iran avait accepté de ne plus jamais fermer le détroit.

Le point 4 répond au message de 9h06, affirmant que le détroit était ouvert à un «passage intégral».

Le point 5 répond à l’architecture narrative complète des quatre-vingt-quatorze minutes.

Le point 6 nomme l’opération.

​Notre prédiction dans la précédente publication était la suivante : avant le 1er mai, Araghchi ou le compte arabe du Corps des gardiens de la révolution (CGRI) contredirait publiquement par écrit la thèse de la fermeture permanente.

Ghalibaf n’est ni l’un ni l’autre, mais il est président du Parlement, ancien commandant du CGRI, ancien maire de Téhéran, et l’homme qui a dirigé la délégation iranienne à Islamabad.

La contradiction est arrivée en douze heures, et non douze jours, sous une forme que les agences de presse occidentales relayeront toute la journée.

​Le registre du Commandement central des États-Unis (CENTCOM) raconte lui une histoire opérationnelle cohérente.

L’USS Rafael Peralta a fait faire demi-tour à un navire marchand hier.

L’USS Spruance a désormais intercepté un cargo battant pavillon iranien qui tentait passer le blocus après avoir quitté Bandar Abbas.

Selon le CENTCOM, vingt navires se sont conformés, zéro ont réussi à passer.

Le blocus tient.

Le point 3 de Ghalibaf lui aussi tient.

La transaction, selon la propre définition de Trump à 9h27, n’est pas encore achevée à 100 %.

​Axe 1, le récit public ou la théâtralisation: l’Iran a capitulé.

Axe 2, le blocus opérationnel ou la réalité du terrain: l’Iran ne l’a pas fait.

Axe 3, la contre-signature iranienne ou la résistance diplomatique: la capitulation était une fiction et la décision sera prise par le terrain, non par les réseaux sociaux.

Axe 4, l’Initiative européenne des quarante-neuf pays ou l’arbitrage international: les États-Unis ne seront pas les seuls arbitres du prochain ordre à Ormuz.

Quatre acteurs, quatre positions, un seul détroit. Le cycle de négociations de dimanche à Islamabad doit réussir à les réconcilier ; à défaut, l’édifice diplomatique s’effondrera au moindre désaccord sur l’un de ces points.

​Notre prédiction : Avant le 1er mai, soit Araghchi, soit le compte arabe du CGRI ajoute un endossement écrit aux six points de Ghalibaf, ou bien le cycle de dimanche débouche sur un cadre signé qui traite explicitement des points trois, quatre et cinq.

Notre hypothèse s’écroule si Ghalibaf se rétracte publiquement sur l’un de ces six points avant le 30 avril.

​Sept affirmations lancées en une heure, et autant de démentis cinglants en six points. La comptabilité de cette crise n’est plus le monopole de Washington, elle est devenue bilatérale.

Ce dimanche, à Islamabad, les deux camps devront arrêter leurs comptes : soit cet équilibre se scelle par un accord, soit le processus s’effondrera.

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