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CM 2026 : 24h après la débâcle, autopsie d’un désastre annoncé!

.Une entrée en matière catastrophique pour les Aigles de Carthage face à la Suède..

.Ce naufrage révèle des choix sportifs contestés, un niveau de jeu insuffisant et des fragilités accumulées depuis des années..

La gifle reçue face à la Suède lors de l’entrée en lice de la Tunisie à la Coupe du monde 2026 restera comme l’une des pages les plus sombres de l’histoire récente des Aigles de Carthage.

Un lourd revers (5-1), mais surtout une prestation inquiétante à tous les niveaux : faillite tactique, approximation technique, manque d’engagement et impression générale d’une équipe dépassée par l’événement.
Le constat est d’autant plus douloureux que des milliers de Tunisiens ont sacrifié leur sommeil pour soutenir leur sélection.

À trois heures du matin, devant leurs écrans, ils espéraient vibrer au rythme d’une équipe capable de représenter dignement le pays sur la plus grande scène du football mondial. Ils n’ont récolté qu’une immense déception.
Le verdict du terrain a été sans appel. Au point que le quotidien français L’Équipe a résumé la rencontre par un titre aussi simple que cruel : « La Suède s’amuse contre la Tunisie ».

Une formule qui résume parfaitement le déséquilibre observé pendant quatre-vingt-dix minutes.

La comparaison avec les autres représentants africains et arabes présents dans la compétition n’a fait qu’accentuer le malaise. Alors qu’aucune sélection du continent africain ou du monde arabe n’avait encore connu la défaite, le Cap-Vert, archipel de moins de 600 000 habitants, est parvenu à tenir en échec l’Espagne, l’un des grands favoris du tournoi.

Un exploit qui rappelle que la taille d’un pays ou ses moyens ne suffisent pas à expliquer les performances sportives.
Comme si le désastre sportif ne suffisait pas, les heures qui ont suivi la rencontre ont prolongé la sélection dans une nouvelle zone de turbulence.

Des incidents ont éclaté aux abords de l’hôtel de l’équipe nationale. Selon plusieurs témoignages, un supporter en colère aurait été agressé lors d’une altercation impliquant un membre de l’entourage du sélectionneur. Les circonstances exactes restent floues, mais l’affaire contribue à renforcer l’impression de désordre qui entoure aujourd’hui la sélection.

Tout le monde attendait des décisions fortes. Sabri Lamouchi allait-il être maintenu ou limogé ? Pendant que les interrogations se multipliaient, Houcine Jenayah et Zied Jaziri, omniprésents devant les caméras lors de la qualification, semblaient introuvables.

Le silence de la Fédération contrastait avec la colère qui montait dans l’opinion publique.
Qui assume cet échec ? Quelles seront les conséquences ? Quelle feuille de route pour la suite de la compétition ?
La réponse est finalement tombée tard dans la nuit : Sabri Lamouchi a été remercié et remplacé par Hervé Renard.

Une décision spectaculaire qui soulève néanmoins de nombreuses interrogations. Quel est le coût réel de cette nomination ? Quelle est la durée du contrat ? Quels objectifs ont été fixés au nouveau sélectionneur ? À ce jour, les Tunisiens disposent de peu d’éléments pour comprendre les contours de cette décision pourtant majeure.
Mais au-delà des hommes et des résultats, c’est tout un système qui semble aujourd’hui en bout de course.

Comment expliquer que les clubs aient porté à la tête de la Fédération des responsables dont les précédentes expériences n’ont pas toujours été synonymes de réussite ? Comment expliquer le recul constant du niveau technique du joueur tunisien alors que le pays continue de regorger de talents ?.

La Tunisie qui a vu éclore des générations de joueurs d’exception n’est certainement pas devenue du jour au lendemain une terre stérile en matière de football.
Le mal est plus profond : le mérite sportif semble de plus en plus relégué au second plan.

Les championnats se disputent autant dans les bureaux de la Fédération, de la Ligue ou devant les instances juridiques que sur les terrains.

Les polémiques administratives occupent souvent davantage l’espace médiatique que le jeu lui-même.Dans les tribunes également, l’esprit sportif cède progressivement la place à un fanatisme inquiétant.

Les insultes, les provocations et les comportements excessifs prennent trop souvent le pas sur la passion et la fête que devrait représenter le sport.
Une autre question mérite d’être posée : pourquoi le pouvoir exécutif intervient-il dans le choix du sélectionneur national ? Pendant des mois, l’opinion publique a entendu parler d’une préférence imposée pour un entraîneur tunisien, sans qu’aucune explication claire ne soit donnée sur les critères retenus.

Le football tunisien a besoin de compétences, de vision et de résultats, non d’interférences dont personne n’assume publiquement la responsabilité.
Les décideurs politiques seraient sans doute plus utiles en s’attaquant aux véritables urgences du sport tunisien.

Les infrastructures sportives vieillissent à vue d’œil, de nombreux stades ne répondent plus aux standards modernes et plusieurs disciplines souffrent d’un manque criant d’équipements.

Quant aux champions olympiques qui font rayonner le drapeau tunisien à travers le monde, leurs dossiers continuent trop souvent à être gérés dans l’improvisation et l’absence de vision à long terme.
À cette crise institutionnelle s’ajoute une autre menace, plus insidieuse encore : celle de certains chroniqueurs sportifs qui occupent quotidiennement les plateaux de télévision et les réseaux sociaux.

Au lieu d’élever le débat, ils prospèrent sur les rivalités entre clubs et alimentent un climat de tension permanent.

Les analyses cèdent la place aux provocations, les arguments aux slogans et le journalisme sportif à une logique de confrontation permanente.
Ces voix, qui peinent parfois à construire une analyse cohérente mais distribuent pourtant des leçons de football à longueur de journée, contribuent à répandre une forme de haine sportive dont les conséquences pourraient s’avérer lourdes.
À force d’attiser les divisions, elles installent dans le football tunisien de véritables bombes à retardement. Si cette dérive se poursuit, l’explosion ne se limitera pas aux tribunes ou aux réseaux sociaux.

C’est tout l’écosystème sportif tunisien, et peut-être une partie de la cohésion sociale du pays, qui risque d’en payer le prix dans les années à venir.
La déroute face à la Suède n’est donc pas seulement celle d’une équipe. Elle est le reflet d’une crise plus large qui touche l’ensemble du football tunisien.
Le score de 5-1 restera dans les archives. La véritable question est ailleurs : le football tunisien est-il enfin prêt à regarder ses problèmes en face ?.

Kilani S’habou

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