Baisse des prix des grenades : la bonne affaire ?

Virée dans un marché de la capitale, un jour d’octobre. Tous les étals de fruits proposent des grenades, fruit de saison. Les prix varient entre 1d500 et 2d500 le kg. Pas de nom de la variété, encore moins l’origine du produit.C’est connu, les nutritionnistes du monde entier conseillent la consommation de la grenade qui protège des maladies cardiovasculaires, réduit le risque de cancer. La grenade a d’autres atouts. Elle se distingue par son goût exquis, sa forte teneur en jus et ses pépins tendres. C’est une culture ancestrale. Cet arbre originaire du nord de l’Inde a été introduit dans la région par les Romains et il s’est parfaitement adapté au sol et au climat de la région. Depuis, Gabès, Testour, Beni Khalled et autres n’ont jamais cessé de cultiver le grenadier, dans les jardins notamment, mais aussi dans beaucoup de vergers que des agriculteurs se sont transmis de père en fils.
Les prix ? Ils sont plutôt abordables, puisqu’ils dépassent rarement les deux dinars. Le petit calibre est même bradé entre 1d000 et 2d000 . « Au tout début de la saison, les premières grenades cueillies coûtent un peu cher, jusqu’à 2d500, mais au fil des jours les prix descendent jusqu’à se stabiliser aux alentours de 1d500 dinars », affirme Najeh, jeune agriculteur.Mais combien ça lui rapporte ? « Pas une fortune », se précipite-t-il de répondre.
Le principal problème ici c’est l’eau. Or, pour porter de beaux fruits, le grenadier a besoin de beaucoup d’eau , se désole l’agriculteur, qui se plaint aussi de ne pas toujours trouver des bras pour les différents travaux, comme l’élagage et la cueillette. La taille est une tâche importante qui doit être faite par des connaisseurs car, explique t-il , le rameau du grenadier a cette particularité de ne fructifier qu’une seule fois. Dès qu’il donne des fruits, il devient systématiquement stérile.
Mohamed Sélim



